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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 15:34

Samedi 4 janvier 2014
Gaumont Parnasse, Paris 14

LE LOUP DE WALL STREET

De Martin Scorsese (USA, 2013)

Avant de s'embarquer, il y a une légère appréhension. Un film de trois heures sur les excès du petit monde de la finance spéculative d'il y a trente ans (mais ça pourrait être aujourd'hui), avec Scorsese qui n'a peur de rien (je pense notamment à Gangs of New York, très violent) pour rappeler que le récit épique de la "réussite" s'est écrit - et s'écrit toujours - avec le sang des plus faibles, bref, un tel film, avec une telle longueur, ça peut être indigeste ou même franchement insupportable.

Il y a l'obscénité prévue, assumée. L'appât sans limite pour l'argent, en écrasant les autres; les addictions (dont les dangers pour la santé sont un peu minorées) avec en particulier la drogue; le sexe là aussi sans autre attrait que la consommation de la chair...
Mais il y a de l'humour aussi, tellement c'est énorme. Scorsese fait le bon choix. Sans moralisme apparent, sans angélisme non plus, il tourne en dérision ces gens devenus complètement fous.
Le "maître" a aussi réussi son coup avec un casting d'acteurs au jeu exceptionnel, DiCaprio et Hill en tête (notons Dujardin en banquier suisse). Rien à redire sur la réalisation, parfaitement maîtrisée. L'appréhension du début n'avait pas lieu d'être.
Demeure un questionnement. Non pas comment on a pu en arriver à de tels niveaux de folie, y compris systémique. Mais comment faire pour casser cette illusion que l'argent ferait le bonheur, que ce que nous consommons mesurerait ce que nous valons ? Comment faire pour (se) convaincre que la sobriété et le partage sont probablement les clés d'un épanouissement réel, et du plus grand nombre ?

Pour ceux qui veulent un avant-goût du scénario, sachez qu'il s'agit de l'histoire d'un jeune trader qui commence à travailler pour une banque d'affaires. Celle-ci fera faillite le jour de sa prise de fonction (après un stage qui lui aura appris quelques ficelles quand même)... Il faut alors se reconvertir, faire de la spéculation sur des valeurs même pas cotées en bourse. Mais les talents de bonimenteur de notre héros lui permettent rapidement de gagner suffisamment pour se mettre à son compte, avec quelques amis, tout cela avec quelques infidélités à la loi. L'équipe, aux pratiques de vente très agressives, fait fortune, et dépense son argent en substances illicites, prostituées, compétitions de lancer de nains... Mais un jour, la COB (gendarme de Wall Street) et le FBI s'intéressent de plus près à ces jeunes prodiges de la finance.

Affiche officielle

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Bande-annonce

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Published by davveld - dans Cinéma
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