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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 21:48

A chaque déménagement se pose la question des étagères. J'ai beaucoup de livres. Non pas juste pour les accumuler, mais pour les relire à l'occasion. Ces dernières semaines, trois relectures.

LE TOUR DU MONDE EN QUATRE-VINGT JOURS, de Jules Verne

Je m'aperçois que je ne l'ai pas encore recensé sur le blog; ca fait donc probablement longtemps que je n'avais pas relu ce classique parmi les classiques de Jules Verne ! Bien sûr je connais les différents épisodes et rebondissements suffisamment pour qu'il n'y ait plus aucun suspense, et du coup, comme il n'y a pas d'exploits scientifiques servant de trame narrative, ou d'immersion un peu détaillée quelque part (exceptions faites, peut-être, de l'histoire du chemin de fer en Inde, ou de celle de Salt Lake City et des Saints des Derniers Jours), l'intérêt du livre faiblit significativement. Jules Verne ne s'attarde pas non plus plus que nécessaire sur la psychologie de ses personnages (une histoire d'amour - c'est rare chez lui - mais avec un romantisme de frigidaire soviétique), du coup on est comme le héros, à lire des récits de correspondances "multi-modales" dirait-on aujourd'hui.

Aujourd'hui d'ailleurs, faire le tour du monde en quatre-vingt jours, en transports collectifs le plus souvent mais sans avion, ça peut être un beau défi... Alors que partir faire son tour du monde n'a jamais été autant à la mode, je m'étonne de ne pas avoir encore entendu parler d'un imitateur de Phileas Fogg... Avis aux aventuriers (un peu fortunés, quand même) ! Enfin l'intérêt de voyager sans rencontrer les autres habitants de notre village planétaire, ça ne présente toujours pas un immense intérêt...

LE CANTIQUE DE L'APOCALYPSE JOYEUSE, d'Arto Paasilinna

Un petit tour en Finlande, où, rappelez-vous, un vieux communiste, brûleur d'églises, demande à son fils, avant de mourir, de bâtir... une église ! La construction est rocambolesque, et offre de beaux dialogues de sourds entre la liberté (rien n'interdit d'ériger un tel édifice, n'est-ce-pas ?) et le conservatisme, le sérieux des institutions. Autour de l'église, qui tardera à être consacrée, une petite communauté se réunit; les valeurs des uns et des autres sont interprétées avec absurdité - c'est le talent de Paasilinna -, pour bien montrer finalement leur relativité. Mais quand le monde entier, hors de la communauté, se déchire et décline pour se rapprocher du Moyen Âge, les utopistes deviennent de plus en plus populaires.

Cette deuxième lecture a été aussi drôle que la première. Drôle, oui, mais de cet humour qui sert aussi à ne pas sombrer dans le désespoir face aux catastrophes qui semblent inéluctables.

UN CRI SI LOINTAIN, d'Åke Edwardson

Toujours le Nord, cette fois-ci Göteborg (Suède) et un peu le Danemark... Et Edwardson est comme Paasilinna concernant notre monde; très lucide, pas question de se bercer d'illusions. Chez Edwardson, on n'est pas dans la farce, mais dans le polar, noir de chez noir. Dans des agglomérations mises en ébullition par des canicules, où le "vivre ensemble" tient plus de l'expression que du vécu, le mal frappe. Dur. Révélant la solitude, extrême, terrifiante; révélant les peurs, multiples, ravageuses. Une policière plus bronzée que blonde est agressée. Une autre femme est découverte, près d'un lac, morte. Personne pour l'identifier. Elle a eu un enfant, mais où se trouve-t-il, cet enfant ? L'enquête du commissaire Erik Winter et de son équipe doit percer ces silences, étouffants. Le dénouement est très tardif (dans les vingt dernières pages des 500 du roman). Ne reste plus qu'à retrouver le sourire, et être capable, sans naïveté, de déceler en chaque personne que l'on croise dans nos métropoles, une parcelle d'humanité...

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Et maintenant, une nouveauté qui vient d'arriver chez les libraires: Mudwoman, de Joyce Carol Oates !

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Published by davveld - dans Livres
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