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Mercredi 23 mai 2007
Comme annoncé il y a quelques jours, j'ai créé un nouveau blog. Il ne remplace pas celui-ci, loin de là, mais il élargit les possibles, vu qu'il s'agit d'un blog politique. J'y commenterais l'actualité et mon engagement au Modem. Comme le Mouvement démocrate va être lancé ce jeudi 24 mai, au Zénith de Paris (j'y serais), les choses vont bouger !

Donc ajoutez-le déjà à vos favoris/agrégateurs de flux RSS...

Ca se passe ici: http://orangeveld.over-blog.com
par David Veldhuizen publié dans : Actualité
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Jeudi 17 mai 2007
Les Unes du Monde, les éditos d'Ouest-France, les sondages (cf. le paragraphe Giacometti)... Le Modem n'aurait aucun avenir aux futures élections législatives.

Bien sûr, le grand favori, c'est l'UMP, en ordre de bataille, qui ne fait pas de gaffes pour le moment, et qui n'en fera pas. Car il est tellement important d'avoir une majorité confortable que tout va être maîtrisé jusqu'au 17 juin. Il joue même très bien, avec F. Fillon et le gouvernement probable à en croire les rumeurs. Très, très fort, puisque rallier des personnalités du camp opposé (même si elles n'y étaient pas très bien vues), ça fait très "intérêt général" en terme de "communication". Alors il ne faut pas se laisser abuser, mais on ne peut qu'admirer le talent déployé sur la méthode, en attendant de pouvoir juger sur les actes (je sais, Sarkozy a déjà 5 ans d'actes derrière lui).

Le reste, ce serait le PS. Je n'arrive pas à croire que le PS pourra faire quelque chose de ces législatives. La stratégie de F. Hollande, qui est de garder tout le monde (pro-oui et pro-non, pour et contre tout et son contraire), me paraissait bonne pendant quelques mois. Elle est aujourd'hui suicidaire (cinq ans que ça dure).
Comme DSK, je crois que la ligne actuelle ne peut plus durer. Soit le PS choisit l'archaïsme, soit il choisit la social-démocratie. Et choisir, ça veut dire exclure clairement ceux qui sont pour la ligne non-choisie. Ils trouveront un autre parti.
Après avoir choisi et dans la foulée, il va falloir survivre, et ce quel qu'ait été le choix. La survie, c'est aussi mettre de côté définitivement plusieurs dizaines d'éléphants. Ségolène Royal n'a pas été assez loin dans son refus du cumul des mandats. Je pense qu'il est fondamental que les mandats soient limités également dans le temps: pas plus de deux mandats successifs à un même poste par exemple (député, président d'une collectivité locale, président de la République...). Cela n'exclut pas les carrières, mais cela favorise la "libération" de postes accaparés par quelques-uns. Evidemment, cette règle devrait être applicable à tout le monde, mais bon, pourquoi ne pas commencer par le PS ?
(A noter, pour mes nombreux amis socialistes, que je suis révolté et sans concessions, mais c'est envers la direction du PS, et non contre les militants et sympathisants (dont je respecte profondément les convictions), et pour lesquels je pense qu'ils méritent un meilleur parti).

628438-767196.jpgEn fait, je souhaite que le PS prenne une raclée magistrale dès que possible, pour faire ce que l'hebdo Marianne met en couverture: exploser le PS. Parce que si le 21 avril 2002, le référendum européen de 2005, et le 6 mai 2007 n'ont pas suffi (il est vrai que les élections locales intermédiaires ont brouillé le message), il faut peut-être en remettre une couche. Le message finira peut-être par passer: le PS tel qu'il existe ne mérite pas de durer.

Victoire prévisible de l'UMP, nouvelle défaite du PS... Mais il faut quand même des contre-pouvoirs. C'est nécessaire dans toute démocratie. Avec Nicolas Sarkozy comme président de la République, c'est encore plus indispensable: les contre-pouvoirs habituels tels que les médias sont mis en danger (les exemples sont innombrables, entre le JDD, les journalistes précédemment dans des filiales de Lagardère embauchées à l'Elysée, les bouquins qui ne sortent pas, etc.). Parce qu'une démocratie saine a besoin d'équilibre, je souhaite que le Mouvement démocrate (le Modem, c'est nettement mieux que le PD, quand même !) fasse le meilleur score possible.

Je pense même, en faisant un peu de prospective et toutes proportions gardées (comparaison n'est pas raison), que si Sarkozy sera le Thatcher français, Bayrou pourrait être le Blair français. La France en retard, bien sûr, comme souvent, mais après tout... pourquoi pas ? Cette troisième voie est-elle possible ? Je le crois, et j'en prends pour preuve les remous entre Parti radical (UMP) et Parti radical de gauche (PRG), qui semblent essayer de se positionner aussi sur ce créneau (le PRG se séparer du PS ? quand un navire coule, les rats quittent le navire...).

C'est pourquoi j'ai pré-adhéré au Modem. C'est aussi pourquoi j'irais revoir F. Bayrou au Zénith jeudi prochain. C'est aussi pourquoi je prépare ces jours-ci un nouveau blog, qui sera exclusivement consacré à mon engagement politique. Pour qu'Internet soit aussi un contre-pouvoir. A suivre donc.
par David Veldhuizen publié dans : Actualité
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Lundi 7 mai 2007
Je vous ai parlé de mon emploi du temps du deuxième tour. Mais qu'est ce que je pense des résultats ?

Premièrement, comme tout le monde (sauf Jean-Marie, mais c'est bizarre, ça ne m'attriste pas), je trouve que la très forte participation est une bonne nouvelle. Elle montre une volonté de choisir, et donnera à la fois plus de légitimité au vainqueur et plus de légitimité aux critiques du vainqueur (parce que critiquer le résultat en s'étant abstenu, c'est particulièrement nul).

Deuxièmement, le score est sans appel. J'avais lu il y a quelques mois une analyse qui annonçait que les scrutins occidentaux des prochaines années (à l'image des Etats Unis par exemple) seraient extrêmement serrés. L'analyse m'avait convaincu à l'époque, même si elle prévoyait des gens "mal élus" et des pays coupés en deux à 50-50. Apparemment, elle s'est trompée ! Bon, la France reste une société divisée, et probablement en plus de deux blocs, mais on arrive quand même à avoir des orientations assez claires.

Troisièmement, Sarkozy. Eh bien j'ai eu peur. J'ai toujours peur, d'ailleurs. La question est de savoir quand les personnes qui ne supportent pas Sarkozy (au sens de "détester") vont agir. Comme il (le nouveau Président) devrait être assez prudent jusqu'aux législatives, et que pendant l'été, même si le Parlement siège et vote plein de textes, les Français seront en vacances, je parie sur l'automne. Alors, pire qu'en 1995 ou pas ? Et surtout, quelles réformes réussira-t-il à faire passer ?

Quatrièmement, mon point de vue "stratégie électorale des centristes". Le report des voix centristes est un bon signe, les électeurs se sont équitablement partagés entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. L'électorat bayrouiste est vraiment centriste, et ne penche pas plus à droite qu'à gauche. La mauvaise nouvelle, c'est qu'avec un tel second tour aux présidentielles, il va être difficile d'éviter une majorité UMP importante. D'un autre côté, si l'UMP n'a qu'une majorité relative qui ne saurait être absolue sans l'apport des députés Mouvement démocrate (MD), c'est un mauvais coup, parce que ça va ramener le MD à droite. Alors cinq ans terribles sans opposition, ou cinq ans sans majorité ?

Et pour finir... Que va devenir le PS ? C'est la grande inconnue. J'espère juste que les turbulences ne seront pas trop longues d'une part, et d'autre part, qu'elles aboutiront à une recomposition claire. Soit vraiment social-démocrate, prêt à des alliances ponctuelles avec le MD, soit antilibéral, et donc dans l'opposition non-constructive pour très longtemps. A mon avis, la France a besoin d'un PS dynamique, décomplexé vis-à-vis du libéralisme, bref moderne. C'est pour juin 2007, 2008, ou 2765 ?
par David Veldhuizen publié dans : Actualité
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Dimanche 6 mai 2007
12h30: Cette fois-ci, c'est après le culte que j'irais voter. Bertrand Delanoë a donné des consignes, et c'est mieux organisé avec deux files au lieu d'une. Ce sera le bulletin "Ségolène Royal", sans conviction mais les efforts de mes amis n'auront pas été vains.

13h: Ah, BFM TV le dimanche ! Mes présentatrices préférées ont des noms: Valérie Béranger et Stéphanie de Muru. La bretelle du top de Valérie fait même des siennes... Plus sérieusement, encore un bon cru côté participation.

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18h15: Premières estimations sur le site du Temps, et me voilà de nouveau du côté des perdants. Comme d'hab', d'ailleurs, sauf au 2ème tour en 2002. J'en ai d'ailleurs un peu marre.

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19h: Avec Sophie, nous partons de Saint-Michel, et nous arrivons à Bastille juste avant 20h. Lieu de "bons souvenirs" en terme de résultats de finale, car c'est là que j'ai regardé la finale de la dernière Coupe du monde ! Quelques excités montrent qu'ils ne sont pas tout à fait d'accord avec le résultat.

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L'allocution de Ségolène Royal

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Le discours de Nicolas Sarkozy

21h: Nous quittons Bastille, alors particulièrement calme, à l'image du quai du métro. A 22h30, SMS et télé me préviennent que la situation est "apaisée" version Sarkozy: les CRS voient leur présence justifiée et peuvent se défouler. Ah, ils en ont de la chance, avec Sarkozy !

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par David Veldhuizen publié dans : Actualité
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Mercredi 2 mai 2007
J'en connais qui doivent être frustrés. PPDA et A. Chabot ont (à mon souvenir) rarement autant servis de meubles. Parce que Sarko et Ségo sont bons. Le débat est même plutôt "de bon niveau".


(23h) Mais... Ségo interrompt beaucoup plus que Sarko que l'inverse, elle est plus confuse que lui, moins crédible sur le financement de ses mesures, fait des phrases interminables qui ne veulent plus rien dire, s'énerve... Il faudrait un sérieux dérapage de Sarko, sinon je vais à nouveau hésiter...

(23h30) Eh non, il donne même 3 mn de temps à Ségo ! Et moi, j'aime la concision, l'efficacité... Dur, dur.

(Plus que jamais comme cette image de X. Gorce, dans Le Monde)


Et petit message à ceux (ils sont nombreux) qui m'envoient plein de mails pour me dire "Sarko il est méchant": je le sais ! Mais mon bulletin "Ségo" ne pourra (maheureusement) pas porter la mention "vote contre Sarko", ce qui est bien dommage (bon, en 2002, Chirac se disait "obligé" par ses pseudo-82%, et on voit ce que ça a donné).
par David Veldhuizen publié dans : Actualité
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Jeudi 26 avril 2007
C'est "le" sujet (même BBC News en parle). Alors où en suis-je ?

La blogosphère centriste hésite. Exemple type ? Blu3scar, avec une préférence pour un vote blanc, parce que Ségo n'est pas crédible. La Vita Nuda explore avec humour une présidence ségolienne. Beaucoup (Blu3Scar, Siten, Quitterie évidemment, etc.) vont devenir des PD.

Et moi ? Ce qui est presque acquis, c'est que je pense aussi rejoindre le "PD" en gestation. Je me suis rendu hier à l'apéro des "lecteurs du blog de Quitterie", à Bastille (des photos devraient être disponibles ici). Plein de jeunes, plein d'hésitants pour le 6 mai, plein de gens courtisés de part et d'autre depuis dimanche... Et une certaine énergie qui permet de croire en nouveau en la politique. Parce que finalement, participer à la mise en place d'un parti, c'est peut-être ce qui permettra de s'y retrouver le plus. Je désespère de voir le PS exploser entre des sociaux-démocrates (uniquement) d'un côté, et des antilibéraux de l'autre. Ce n'est qu'avec les premiers qu'on pourra avancer.

Et pour le 6 mai ? La campagne acharnée pour me détourner du vote Sarkozy a réussi. Je suis sûr de ne pas voter pour lui. Mais (oui, il y a un mais), je suis maintenant partagé également entre le vote blanc et le vote Ségolène. Bayrou à demi-mot, Quitterie très clairement, tout comme Michel Hinard, et d'autres semblent pencher pour un bulletin Ségolène. Le problème, c'est qu'un bulletin n'a pas de nuances. Sauf... s'il est suivi d'autres élections ! Donc l'option "Ségolène le 6 mai, mais si elle gagne, pas de majorité socialiste en juin" est sérieusement envisagée.
par David Veldhuizen publié dans : Actualité
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Lundi 23 avril 2007
Autre titre: Attention, post politisé ! (2)

On est beaucoup de "Bayrou-istes" (ou simples électeurs) à se poser des questions... (Pêle-mêle: Blu3Scar; Ana; Quitterie Delmas; Tristan Mendès-France; David Latapie; liste bien évidemment non exhaustive)

Pour moi, Sarkozy a de vraies solutions sur la thématique économique. C'est fondamental. Mais s'il est élu, ce sera la guerre civile (ou la guérilla urbaine) soit dès le 6 mai 21h, soit à court terme. Et la paix, c'est fondamental aussi.

L'élection de Royal ne remettrait pas en cause l'ordre public. Mais, avec ses alliés de nécessité, que ce soit à sa gauche (Besancenot, Buffet...) ou au sein même du PS (Fabius, Mélenchon...), elle va conduire (ce n'est que mon avis, bien entendu), la France à une situation économique bien pire, sans parler de long terme (réforme de la sécu, des retraites...). Bref, je ne le souhaite pas pour le pays.

Alors, est-ce que j'attends ce que dira Bayrou ? Non, ma voix m'appartient. De plus, il est fort probable qu'il ne dise rien, comme l'analyse très bien ce chat avec un journaliste du Monde.

Alors quoi ? Un vote blanc ? Parce que Sarkozy ne me convaincra jamais de sa bonne foi de "gentil", ni Royal de sa bonne foi de "social-libérale" (à moins qu'il y ait de très sérieux, mais très improbables, signes d'éloignement avec la gauche de la gauche...) ?
par David Veldhuizen publié dans : Actualité
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Mercredi 18 avril 2007
J'étais indécis. Par sur le bulletin de vote, mais sur mon niveau de certitude de faire le meilleur choix. Et sur le moyen de mesurer ce niveau. Parce que remettre en cause mon choix de bulletin est lourd de conséquences et risquerait de m'empêcher de dormir d'ici dimanche ! Mais finalement, mon attitude "riscophile" l'a emporté, et je me suis rendu au meeting de François Bayrou au Palais omnisports de Paris Bercy ce mercredi.

Les précédentes rencontres avec François Bayrou, en 2002 et en 2005, lors de conférences à Sciences Po Lille, avaient été désastreuses. Je n'étais pas le seul à m'en souvenir. D'où mon appréhension !

Mais finalement, dans ce qui fut le plus gros meeting de la campagne (15000 personnes selon Le Monde), tous candidats confondus (à l'exception des conventions d'investiture, je pense), François Bayrou a été très bon, et je suis maintenant à 100% convaincu de mon choix.
Les trois bémols sont accessoires et marginaux : la question de la Turquie (je suis pour son adhésion à l'UE), la Marseillaise (que je me suis ostensiblement abstenu de chanter), et le retard de plus d'une heure (une demi-heure, passe encore) du début du meeting.

Deux "petits plus" ont joué un rôle dans le renforcement de ma conviction: une belle citation de Camus en guise d'hommage aux enseignants, et une anecdote de... Bronislaw Geremek, l'un des plus "grands messieurs" de l'histoire contemporaine de la Pologne, et du mouvement pro-européen. C'était en toute fin de discours, et c'était la "cerise sur le gâteau" pour un ami de la Pologne comme moi !

Le discours était axé sur "re-faire rimer le mot France avec... croissance, assurance, confiance, et chance, pour redonner de l'espérance". Simple mais efficace. Parmi les développements qui renforcent mon adhésion, citons la place accordée à l'Europe sur de nombreuses questions (il a cité le Darfour, le Proche-Orient, le développement de l'Afrique, la lutte contre le réchauffement climatique, la recherche), la priorité donnée à l'éducation moteur du pacte républicain, des bonnes idées comme le Small Business Act à la française, etc, la réforme des institutions avec le non-cumul des mandats, etc.

La méthode, prendre les meilleurs de quelque camp qu'ils soient, ne peut que convaincre des gens comme moi inquiets de toute étiquette synonyme d'intolérance (ça m'étonne d'ailleurs qu'il n'ait pas fait rimer France avec tolérance...).

Pour ceux qui, comme moi, n'ont pas encore reçu les programmes électoraux (à J-5, ça devient limite), rien de tel que les sites web des candidats. Donc voici celui de François Bayrou ;)

Plus de photos sur Flickr.

EDIT 20/04
Des comptes-rendus, des vidéos par d'autres, c'est ici.
par David Veldhuizen publié dans : Actualité
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Lundi 16 avril 2007
Lors de mes récentes "sorties cinéma", j'ai vu (au moins deux fois) la bande-annonce pour "Jesus Camp". La voici, que vous puissiez juger sur pièces !

Sans que j'arrive à identifier quels "ressorts de mon inconscient" sont manipulés, la bande-annonce laisse entendre (et c'est l'enjeu, pour qu'on aille voir le film), qu'il faut avoir peur, qu'il faut qu'on ait froid dans le dos. Et paf, en rédigeant cette note, je trouve un de ces ressorts: la théorie du complot, bon sang mais c'est bien sûr ! Un deuxième: le raisonnement en deux camps, et qu'il n'y a pas de "milieu" (dommage, François...), et pas de conciliation possible entre les deux. Y'en a sûrement d'autres, vous avez des idées ?



Dans la catégorie "décryptage d'images", la référence reste toujours Arrêt sur images, sur France 5, accompagné d'un blog sur les médias en général, passionnant. L'émission du dimanche 15 portait sur un thème qui me tient à coeur, celui du journalisme (du témoignage au sens large) au plus près des drames de notre temps, comme ici ce reporter qui fait la traversée Somalie-Yémen dans des conditions incroyables. (Décidément, la Somalie et ce thème...). Pour voir l'émission en question: c'est ici.



Enfin, toujours sur les images, je vous invite à voir "Arrêt sur images" du dimanche 8 avril, qui revient sur les affrontements de la Gare du Nord. Vous avez vu les images spectaculaires des JT, mais regardez donc les rushes... Et ces dizaines de "témoins" convaincus qu'il s'agissait d'un adolescent de 14 ans, et ce ministre qui raconte n'importe quoi... Bref, un peu de recul ne fait de mal. Ca se passe . Mais pour finir sur une note plus légère, regardez ce qui a été mis en avant sur Panamorama:


par David Veldhuizen publié dans : Actualité
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Vendredi 13 avril 2007
Eh oui, moins de dix jours avant le premier tour... De 16h à 23h ce vendredi, beaucoup de discussions, avec une part non négligeable (allez, 80% du temps de parole, à la louche) consacrée à ces fameuses élections.

Pour faire un peu dans le décalé, je commence par le communiqué réjoui de Sciences Po Lille:

François Bayrou, candidat à l élection présidentielle 2007 ELECTIONS PRESIDENTIELLES : RESULTATS DE LA SIMULATION !
Sciences Po Lille a organisé le jeudi 12 avril une simulation du premier tour de l’élection présidentielle.
Les étudiants de l’IEP ont eu la possibilité de faire leur choix parmi l’ensemble des candidats au premier tour des élections présidentielles de 2007. Les étudiants étrangers ont eu également la possibilité de voter (avec dépouillement séparé)

Le vote s’est déroulé dans les conditions identiques au vote réel du 22 avril 2007 : bulletins de vote, listes électorales, isoloir.


- EXCELLENTE PARTICIPATION ELECTORALE : 63,60% (très forte mobilisation des 1e année [88,5%] et des 2e année [77,10%], les 5e année, pour la plupart en stage, n’ont pu se déplacer pour voter, ce qui explique les 52,5% de participation pour le bureau de vote qu’ils partageaient avec les 4e année, les étudiants étrangers ont montré leur intérêt pour la vie politique française avec un taux de participation de 44,10%


- Les résultats ! :
François BAYROU (27,56 %), Ségolène ROYAL (27,23%), Nicolas SARKOZY (15,59%), Dominique VOYNET (9,76%), Jean-Marie LE PEN (4,57%), Olivier BESANCENOT (3,94%), José BOVE (3,46%), Frédéric NIHOUS (2,99%), Gérard SCHIVARDI (1,57%), Arlette LAGUILLER (1,42%), Marie-George BUFFET (1,42%), Philippe de VILLIERS (0,47%)



Les résultats ont été abondamment commentés ce soir, comme je le disais.

A un moment entouré d'anciens de l'IEP qui "y étaient" en 2002, alors que la "pensée dominante je suis à l'IEP donc au PS" était encore à son apogée, j'ai entendu parler de virage "à droite". Bayrou reste décidément "à droite" pour les socialistes. Dommage ! Parce que sur plein de questions, la "gauche de gouvernement" fait ce que dit Bayrou, ce qui ne correspond pas au discours de cette même gauche (en gros je veux dire que le discours socialiste n'est pas en adéquation avec les politiques réelles menées par ce même parti, ces politiques étant peu éloignées de ce que dit et ferait Bayrou).

Même si cette "simulation d'élections" n'est qu'un jeu, sans conséquences, et qu'un bulletin "Le Pen", "Schivardi", "Nihous", etc. peut être une simple provocation, l'inquiétude est manifeste. En 2002, la même simulation donnait 1 seule et unique voix pour Le Pen et Mégret (pour un corps électoral un peu plus petit mais ça n'explique pas tout, loin de là). Là, il s'agit de plus de 500 votants, donc au moins 20 pour "Le Pen". Hypothèse optimiste: en 2002, même pour rire, on ne votait pas pour Le Pen, alors qu'en 2007 c'est pas un problème (pour moi, si). Hypothèse pessimiste: même si ce résultat équivaut au tiers des intentions de vote de la population "normale" selon les sondages, ça veut dire que le racisme et l'extrémisme progresse à grand pas. Très inquiétant.

A noter que le score extraordinaire de Dominique Voynet est quand même bien moins bon que celui de Mamère aux mêmes simulations en 2002, le député moustachu avait alors été qualifié pour le second tour. Besancenot est aussi en baisse sensible, vote utile oblige peut-être. Pas assez de souvenir (je n'arrive pas à remettre la main sur les archives où j'avais les résultats détaillés de 2002 à l'IEP) concernant les autres.

Il s'agit, je le répète, uniquement d'une simulation, qui est à prendre avec précaution vu son caractère ludique, et qui plus est, la population des IEP est tout sauf représentative du corps électoral français dans son ensemble. Moi, par exemple, je suis "non-identifié", longtemps hésitant, mais pour une fois, en accord avec la (très courte) majorité qui s'est dégagée à l'IEP.
par David Veldhuizen publié dans : Actualité
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Jeudi 5 avril 2007
Vous le savez sans doute, je suis en général assez ouvert à tout ce qui peut moderniser notre pays. Mais "en général" suppose des exceptions, ou au moins une, de taille. Je suis contre le vote électronique pour des élections aussi importantes que les présidentielles ou les législatives (euh... en fait pour toutes les élections et référendii).



Contre parce que, d'une part, le rituel est modifié et ressemble à un jeu vidéo, ce qui retire du sérieux et du symbole à l'acte de vote.

Contre parce que, d'autre part, et c'est bien plus important, l'électeur (c'est le premier concerné) ne peut s'assurer directement que son vote est compté "régulièrement", et les non-électeurs (autres citoyens, observateurs) ne peuvent quant à eux valider le processus de dépouillement. Or c'est fondamental, car sans contrôle citoyen et vigilance de tout un chacun, la démocratie est menacée. Exagéré, penseront certains. Non, parce que je suis de ceux qui considèrent que la démocratie, c'est fragile, qu'il faut la préserver, et que cela passe aussi par l'implication de chacun pour prévenir d'éventuelles dérives. L'élection, ce symbole par excellence du principe "un Français une voix, 44 millions d'électeurs pour une majorité" est la première "institution" à devoir être "protégée". Pour ça, il faut que le plus grand nombre puisse dire: "les élections se sont passées de façon régulière et transparente". Impossible avec des machines.

On peut crier au risque de manipulation des logiciels. C'est inquiétant.

Mais ce qui m'inquiète bien plus, ce sont des bugs. Quand une administration se trompe, chacun connaît la difficulté de lui faire reconnaître son tort et le réparer. Quand une administration se trompe via un logiciel inaccessible au commun des mortels, vous imaginez le nombre de quinquennats qu'il faudra avant que ce ne soit reconnu ? Je préfère éviter...

(Et un argumentaire sans mentionner les élections controversées aux Etats-Unis, un !) (euh...)

Vous pouvez aussi lire ces articles et posts sur le sujet:
Big Bang Blog - Le Monde - New York Times - Quitterie Delmas

(*: bulletins et enveloppes sont élaborés sur papier recyclé, me semble-t-il, donc on ne devrait pas non plus mettre en danger quelques forêts)
par David Veldhuizen publié dans : Actualité
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Lundi 2 avril 2007


A Rouillé, chez mes parents, je peux lire Réforme en édition papier. Dans le numéro de jeudi dernier, une réflexion qui m'a passionné... je vous en fait donc part !

Réforme n°3217 - Edition du 29 mars 2007
Religion - Comprendre et croire : Parole et société. 2

Faut-il avoir des principes ?


Face à un dilemme moral, deux attitudes s’opposent : celle de l’éthique « déontologique », qui privilégie les principes, et celle de l’éthique « utilitariste », qui se soucie d’efficacité. Explications.


par Alain HOUZIAUX


Les principes,
ce sont des règles que l’on se donne à soi-même, à la différence des règles de la société, de la bienséance… qui sont plutôt des règles que l’on adopte. Et c’est pourquoi le fait d’avoir des principes peut vous inciter à transgresser règles et les lois de la société. Ce fut le cas pour Antigone, qui voulait que son frère fut enterré, en dépit des lois édictées par l’Etat. Avoir des principes, c’est avoir des règles qui vous dictent impérativement une ligne de conduite dans une situation qui vous place face à un dilemme.

Prenons un exemple. Vous êtes officier et l’on vous demande de tuer vous-même un otage ; et on vous -assure que si vous le faites, on laissera la vie sauve à vingt autres. En revanche, si vous refusez, on passera par les armes les vingt et un otages. C’est le dilemme dit « de Touvier » ou « de Caïphe ». Touvier, lors de sa défense, a dit avoir accepté de tuer sept juifs parce que cela lui permettait d’en sauver un nombre plus important. Caïphe, de la même manière, a accepté de faire crucifier Jésus parce que, de la sorte, il pouvait empêcher une rébellion du peuple juif dont la répression par les Romains aurait entraîné plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines, de morts. « Il vaut mieux qu’un seul homme meure et qu’ainsi la nation soit sauvée. » (Jn 11,49-50).

L’éthique « déontologique »

Face au « dilemme de Touvier », si, sans hésiter, vous refusez de tuer l’otage parce que, par principe, vous vous refusez à commettre un meurtre, quelles que soient les conséquences de votre refus, vous êtes un homme à principes de type « déontologique » (de deïn, lier, attacher). Si, au contraire, vous acceptez sans hésiter de tuer l’otage pour sauver les vingt autres, vous optez, par principe, pour le moindre mal et vous êtes un homme à principes du type « utilitariste ».

La différence entre ces deux éthiques recoupe, en la radicalisant, la distinction entre l’éthique de conviction et l’éthique de responsabilité.

L’éthique « déontologique » se situe dans l’héritage de Kant. Pour Kant, le principe « tu ne tueras pas » doit être respecté de manière absolue, quelles que soient les conséquences de ce refus de tuer. C’est aussi ce que disent saint Paul (« Ne faites pas le mal pour qu’il en résulte le bien », Rm 3,8) et saint Thomas d’Aquin : « Il y a des actions que ni la bonté de la fin, ni celle de la volonté ne peuvent rendre bonnes. » (Somme théologique, 1a, 2ae, Q20, A2).

Pour justifier son choix, celui qui refuse de tuer l’otage (même pour en sauver vingt autres) pourra faire valoir les points suivants :

– chaque individu est une fin en lui-même. Il ne peut pas être instrumentalisé, même au service d’une cause généreuse. Sa vie, c’est sa vie à lui. Nul ne peut en disposer ;

– il faut faire la distinction entre la responsabilité et la culpabilité. L’officier qui tue un homme pour en sauver vingt est coupable de la mort de cet homme. Celui qui refuse de le faire est seulement responsable de la mort de vingt hommes ;

– en matière de vie humaine, les vies ne sont pas additionnables et le principe d’efficacité n’est pas applicable. Vingt vies, ce n’est pas plus qu’une vie. Vingt vies, c’est seulement une vie, une vie, une vie.

Le problème que pose l’éthique « déontologique », c’est celui-ci : peut-on accepter qu’un acte qui est, en soi, vertueux (ne pas tuer) ait des effets secondaires néfastes (causer des morts) ? C’est le problème dit « du double effet ».

L’éthique « utilitariste »

Pour la théologie morale catholique (la casuistique), un acte moral qui a des conséquences mauvaises est néanmoins autorisé à trois conditions : l’objectif de l’acte doit être bon ; ses conséquences mauvaises ne doivent pas être visées en tant que telles ; le bien visé par l’acte doit être proportionné au mal que comportent ses conséquences et doit l’emporter sur ce mal. Mais l’application de ce principe dit « de proportionnalisme » est bien difficile. Il est quelquefois difficile de séparer les conséquences mau-vaises des objectifs visés, en particulier lorsque ces conséquences sont prévisibles et même prévues. Un médecin qui, pour sauver la vie de la mère, effectue une craniectomie sur l’enfant à naître a-t-il ou non l’intention de tuer l’enfant ? Certes pas, mais l’homicide de l’enfant est pourtant inséparable de l’acte qui sauve la mère. On ne peut viser l’un sans viser l’autre.

Venons-en à l’éthique « utilitariste » (ou « conséquentialiste ») dont le promoteur fut Stuart Mill. Pour elle, le choix face à un dilemme doit se faire non pas pour des raisons morales mais uniquement au vu des conséquences de chacun des choix possibles. Et ce par principe. Un mort, c’est moins que vingt et un. Ce que reproche l’utilitarisme au déontologisme, c’est de se préoccuper uniquement de morale individuelle et personnelle et de chercher à ce que l’agent de l’action garde les mains propres quelles qu’en soient les conséquences. L’utilitariste dira que l’officier doit faire abstraction de son éthique personnelle et évaluer les conséquences de son action de la manière la plus neutre possible par rapport à lui-même.

On peut critiquer l’utilitarisme sur deux points. D’abord la rationalité de cette technique de prise de décision inquiète. Le principe même d’un calcul en matière de vies humaines peut apparaître scandaleux. De plus, le problème dit « du double effet » se pose également pour l’utilitarisme. Le même acte a à la fois des conséquences positives et négatives, ce qui complique l’appréciation des conséquences de chacune des options en balance. Mais ce point met davantage en cause l’utilitarisme que le déontologisme puisque celui-ci, par principe, dit ne pas se préoccuper des conséquences alors que l’utilitarisme, lui, est fondé uniquement sur l’appréciation des conséquences des actes. Et c’est pourquoi le constat du double effet dénature le principe même de l’utilitarisme alors qu’il ne dénature pas le principe du déontologisme.

Alain Houziaux est pasteur de l’Eglise réformée de France.


Méfions-nous des principes

Face aux limites de chacune de ces deux éthiques « à principes », nous ferons quatre remarques.

Aucune éthique ne peut nous épargner le poids de la culpabilité et de la responsabilité du mal.

Le fait de se référer à des principes peut être un processus d’évitement. Le sujet s’en remet à des principes pour ce qui est de la décision qu’il doit prendre. Il fait ainsi l’économie de sa liberté et de sa responsabilité personnelle. Il évite une confrontation directe avec la situation problématique dans laquelle il se trouve.

Avoir des principes, c’est souvent être psychorigide. C’est d’abord une attitude psychologique et accessoirement morale.

Il faut faire la différence entre l’idéaliste et l’homme à principes, qu’il soit de type déontologique ou utilitariste. L’idéaliste est d’abord un optimiste, un généreux, un imprudent, voire un impuissant. L’homme à principes serait plutôt un dictateur, moraliste et moralisateur.

Que Dieu bénisse les idéalistes et qu’il se méfie des hommes à principes.
A. H.



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par David Veldhuizen publié dans : Actualité
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