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Mercredi 18 novembre 2009
Quel plaisir de retourner au Café de la Danse, une salle où j'avais découvert Dayna Kurtz et applaudi Keren Ann. La salle et son mur de pierres à l'ancienne est encore plus sympa que dans mes souvenirs; juste à la "bonne" taille, permettant une vraie proximité entre les artistes et le public, et donc une certaine intimité.

Deux "premières parties" ce mardi soir norvégo-suédois*. Rebekka Karijord rappelle un peu Tori Amos pour les mélodies, Jewel pour la voix. Piano, harpe, voix, c'est du folk suédois. Une autre voix claire, cristalline, plus haute, lui succède: Jennie Abrahamson, dans un registre plus pop, me charme complètement (musicalement, on pense à Dido; physiquement, à l'actrice Mélanie Laurent !). Spéciale dédicace à "ceux qui se lèvent après midi" (je vais essayer de retrouver le titre). Chacune d'elles interprète 4-5 titres de leurs albums solos.

Rebekka Karijord Jennie Abrahamson

Puis c'est Ane Brun, plus connue (en France), qui commence son concert. Avec Rebekka Karijord à la harpe et aux choeurs, Jennie Abrahamson au piano et aux choeurs, et une violoncelliste/choriste. Des histoires d'amour, et des messages tout aussi universels et bien dans l'air du temps sur la protection de la planète se succèdent, dans une atmosphère proche du recueillement. La clarté et la chaleur des timbres sont bouleversants. Une soirée de douceurs...


Du coup, comme pour le concert de Dayna Kurtz et Keren Ann, je ressors avec deux albums achetés (ça fait trois vrais albums achetés cette année lors de concerts), l'un dédicacé de Jennie Abrahamson, l'autre d'Ane Brun. Je n'avais pas pris assez de liquide pour acheter tous les albums vendus ce soir, mais ce n'est que partie remise !

Toutes les photos du concert en cliquant ici.

*: un autre concert avait eu lieu avec les mêmes il y a deux mois au Centre Culturel suédois à Paris; je n'avais pas pu y assister, mais voilà je marque aussi la présidence suédoise de l'Union européenne ! ;)



Pour en savoir plus:
Par David Veldhuizen - Publié dans : Musique
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Mercredi 11 novembre 2009

L'édition "poche" de La Réserve n'aura pas traîné sur les rayons de la librairie: j'avais déjà repéré, Télérama oblige, ce titre lors de sa parution en français en 2008 (aux Etats-Unis l'année précédente), et mon magazine culturel préféré avait signalé il y a quelques semaines cette fameuse édition "poche". Comme je suis devenu un grand amateur de Russell Banks (L'ange sur le toit, Histoire de réussir, De beaux lendemains, tous aussi publiés chez Babel), je me suis plongé rapidement dans le récit. Cette fois-ci, il s'agit d'un roman, même pas composé de plusieurs parties qui pourraient être des nouvelles indépendantes (comme dans De beaux lendemains).

Nous sommes en 1936. Etat de New-York, dans le prolongement nord-est du massif des Appalaches, la nature est sauvage, majestueuse. Autour d'un lac des Adirondacks, plusieurs chalets et gîtes accueillent les riches New-Yorkais en quête de retour aux sources. La famille du neurochirurgien (tiens !) Cole reçoit dans son chalet. Arrive un artiste qui réside lui aussi dans les environs: Jordan Groves. Le peintre fait une entrée remarquée, au moyen de son hydravion. Entre excentriques, on peut se comprendre... La fille du Dr Cole, Vanessa, au comportement déjà très suivi par la presse à scandales, et Jordan Groves (marié, deux enfants) se regardent, se scrutent, se jaugent. Jordan acceptera d'emmener Vanessa à bord de son hydravion, avant de la laisser seule sur une autre rive du lac. Le même soir, le Dr Cole meurt... Les deux vont être amenés à se revoir, malgré les préventions. De son côté, la femme de Jordan Groves se fait surprendre par Vanessa Cole dans les bras d'un guide des Adirondacks...
Entre les épisodes de cette intrigue reviennent des "interludes"; ce sont les nouvelles du front de la Guerre d'Espagne. De tous les pays, des volontaires se joignent à la lutte. Y compris des intellectuels et des artistes américains, certains avec des talents aéronautiques.

Comme toujours chez Russell Banks, la psychologie des différents protagonistes est très étudiée, très juste. Le décor joue également un rôle important; créer et protéger une réserve, un hâvre de calme apparent et de "non-pollution", semble illusoire alors que les événements s'emballent. On progresse avec un plaisir croissant dans le roman, parfaitement maîtrisé.



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Par David Veldhuizen - Publié dans : Livres
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Dimanche 8 novembre 2009
Samedi 7 novembre
Paris 20, MK2 Gambetta

MICMACS A TIRE-LARIGOT
De Jean-Pierre Jeunet (F, 2009)



Mon appréciation: 6/10

Au bureau, à la pause-déjeuner, il nous arrive de parler cinéma. Récemment, je m'aperçois que le seul film de Jean-Pierre Jeunet que j'aie vu est Le fabuleux destin d'Amélie Poulain. Je connais de nom La cité des enfants perdus, et Delicatessen, mais seulement de nom... et pourtant, j'avais reconnu les "couleurs" Jeunet dans les affiches du métro pour Micmacs à tire-larigot. Et puis les bandes-annonces annonçaient aussi la "couleur", un film qui cultive le côté Astérix qui est très franchouillard, celui du combat des faibles contre les très grands puissants absolument abominables. Pas très malin, mais très français (tiens, quand on parle d'identité nationale...). Marrant d'ailleurs, les titres du générique en anglais... Jeunet a pris la grosse tête et prévoit tout de suite un destin américain à son film, comme Amélie Poulain ? Oui, il prend la grosse tête, notamment niveau casting, et qu'il fasse "attention à la peau de banane", comme on dit dans la famille pour les gens qui oublient de regarder le sol parce qu'ils sont tellement hauts...

Casting alléchant mais finalement une des faiblesses du film: trop de stars qui du coup laissent peu de place à de potentielles révélations, et trop de stars qui oublient même de bien jouer (certains dialogues dans le "Tire-larigot" sont confondants de fausseté). Un scénario qui confère à la mièvrerie, avec une épaisseur des personnages équivalente à du papier-cigarette (Amélie Poulain était moins ridicule à ce niveau)...

OK, il y a des bons mots, des bons moments, mais c'est "anodin", "banal", un divertissement inoffensif qu'on attendrait plus sur des chaînes jeunesse sans trop de moyens et d'ambitions.

Pour faire suite à un échange sur Facebook, sans aller jusqu'à le déconseiller, je me garderais bien de vous le recommander. C'est dit !

Par David Veldhuizen - Publié dans : Cinéma
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Mercredi 4 novembre 2009
Depuis quelques semaines, la situation est de plus en plus difficile au boulot. Ce mardi, nouvelle étape. Ca faisait longtemps (mais jamais assez) que je n'avais pas éclaté en larmes. Pour une petite chose, en plus, mais qui s'ajoute à plusieurs dizaines d'autres.

Je ne suis pas une machine, je joue trop avec mes limites ces temps-ci, j'ai fini par craquer. Ca ira mieux, parce que je suis bien entouré. Mais j'ai besoin, pendant un moment, de respirer, de ne plus courir, de faire le vide.

Dans quelques jours (et après combien de dizaines d'heures supp' pour tenir ne pas trop dépasser les délais ?), je prends des vacances. Vitales. Pendant lesquelles je ne vais, veux, peux rien faire. Je pense que je me couperais d'Internet et du téléphone, pour être sûr.
Par David Veldhuizen - Publié dans : Chronique
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Mardi 3 novembre 2009
Mardi 3 novembre
Paris 19, MK2 Quai de Seine

L'AFFAIRE COCA-COLA
Documentaire de Germán Gutiérrez et Carmen Garcia (Colombie, 2009)
dans le cadre des Mardis de Courrier International


Voir les éditions précédentes: (2009): juin - mai - avril - février
Voir la page spéciale sur le site de Courrier International

Mon appréciation: 7/10

Saviez-vous qu'en Colombie, Coca-Cola, comme d'autres firmes multinationales (Renault, BP, Total bien sûr...), ferme les yeux sur les (fréquents) assassinats des leaders syndicaux de leurs usines locales par des unités paramilitaires ? Saviez-vous que depuis que l'affaire fait l'objet d'un procès aux Etats-Unis (selon un principe proche de la "compétence universelle": les Etats-Unis acceptent de juger tout crime ou délit commis à l'étranger dans un pays où la justice de ce pays est défaillante ou n'est pas en mesure de garantir un procès équitable), depuis donc le début de ces procédures, la "mortalité" a baissé drastiquement dans les syndicats des franchisés Coca-Cola (mais pas encore pour les autres entreprises) ? D'autres procédures ont eu raison de l'une des marques les plus populaires, notamment en Inde (où Coca-Cola avait pillé les réserves d'eau d'une région et a créé une sécheresse) ou au Guatemala.

Ce documentaire montre le combat de ces avocats et syndicalistes américains qui défendent la cause des syndicalistes colombiens qui se battent pour le respect de droits de base pour les travailleurs. Un combat difficile entre négociations à coup de millions, difficultés de compréhension du processus judiciaire étatsunien pour des ouvriers colombiens et à l'inverse les décalages entre avocats américains et les attentes des Colombiens. Un combat où il est plus question d'image à abimer (ou à préserver pour le camp opposé) que de millions de dollars... où on voit aussi la différence entre intérêt général et politiciens vendus aux lobbys.

Visiblement, le sujet attirait puisque les 300 places étaient occupées (j'ai eu la dernière m'a-t-on dit à la caisse !), et le débat qui a suivi, avec les réalisateurs et un journaliste colombien vivant en France, était de très bonne tenue, sans aucune question non pertinente.

Alors que Coca-Cola doit quasiment tout son succès à son marketing, ce documentaire édifiant gagne à être connu: l'idée étant que vous ne buviez plus une canette de Coca-Cola comme avant ! Le message est assez bien porté, le film bien construit malgré un léger manichéisme pointé du doigt par un spectateur, et un "découpage" en chapitres pas des plus convaincants; des broutilles !

Par David Veldhuizen - Publié dans : Cinéma
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Lundi 2 novembre 2009

Amours chiennes
, 21 grammes, Babel, Trois Enterrements, Loin de la terre brûlée... Une série de films que j'aime énormément. L'un de leurs points communs ? Guillermo Arriaga, soit au scénario, soit à la réalisation. Le mexicain écrit donc, pour des films, mais pas uniquement. La preuve, avec ce recueil de nouvelles, écrites en 1983 et 1995, publiées en 2006 et tout récemment traduites en français. Grâce à Télérama, la parution ne m'échappe pas et rejoint mon carnet de livres à lire. Et parfois, je barre des titres sur cette liste. La preuve !

Mexico Quartier Sud commence fort. Un récit très dur, avec une violence d'enfants plus ou moins conscients, plus ou moins coupables, mais très cruels. Il y a des récits plus anodins, comme celui d'un couple mystérieux frappé par la maladie puis la pauvreté, des gens qui se cherchent. Mais la tonalité principale est franchement déprimante. L'avenue Retorno est le fil conducteur autour duquel se noue ces histoires banales de l'ultraviolence dans ces quartiers où la survie impose de se taire, ou de se battre et de vaincre. Alcoolisme, fragilités humaines, prostitution, règlements de comptes, non décidément il ne fait pas bon vivre dans ces parages. Et, à la différence des films scénarisés ou réalisés par Guillermo Arriaga, la question du "rachat" est lointaine, quasi-absente. Un constat noir.

L'écriture est fluide, le style redoutable d'efficacité. Ne manquent que quelques lueurs dans ces ténèbres...



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Par David Veldhuizen - Publié dans : Livres
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Dimanche 1 novembre 2009
Ce week-end, je suis allé à Strasbourg. Les occasions étaient multiples: je ne me suis jamais arrêté dans la ville (hormis une heure, entre deux trains, en 2001); ma soeur Isabelle y est depuis septembre; et puis c'était la première édition de Protestants en fête, le premier rassemblement de tous les protestantismes français. Oui, parce que les protestants français ont beau ne pas être nombreux (bon, 4% de la population se dit "proche du protestantisme" selon l'IFOP), on est divisés en des dizaines de dénominations (rappel: il s'agit de la religion chrétienne, de la confession protestante... et en-dessous, on parle de dénominations). "Historiques" (réformés, luthériens...) ou plus "évangéliques" (baptistes, méthodistes, évangéliques de toutes sortes...), les occasions de se retrouver sont rares.



Protestants en fête
est donc d'abord une très belle initiative.


Ayant fréquenté pas mal des dénominations évoquées plus haut, je regrettais ces clivages: pour les "historiques", on a des rassemblements très intellos (et un peu poussiéreux, comme l'Assemblée du Désert, le 1er dimanche de septembre, dans les Cévennes); les "évangéliques", c'est plus festif (autour de Pentecôte, par exemple) mais pas toujours intéressant sur le côté spirituel. Dans une église évangélique, on n'annonce pas les événements des luthéro-réformés; pareil chez les "historiques", on est en-dehors des grosses fêtes organisées par d'autres. Dommage...

Protestants en fête se proposait de rassembler tout ce monde. Pari gagné, même si on imagine la difficulté de prévoir la programmation et l'organisation. Heureusement, Strasbourg et l'Alsace-Moselle sont des terrains de choix, du fait de la richesse (je ne parle pas de finances) des églises. Un vivier de bénévoles et de ressources, qui a bien fonctionné. Et le week-end a intégré des activités pour tous les goûts: expositions aux scénographies travaillées, débats sur des questions liées aux protestantismes mais surtout aux enjeux de société, concerts un peu partout le samedi en journée et au Zénith le soir; et un culte exceptionnel dans le même Zénith le dimanche matin.

Remplir les quasi-10000 places d'un Zénith, pour des protestants, c'est une belle performance.

Le samedi soir, la soirée musicale fut un temps fort, mais aussi une illustration que les manières de vivre sa foi sont très éloignées. Le public plus âgé a apprécié le jazz manouche, la chorale classique. Les jeunes ont beaucoup aimé le groupe punk-rock néerlandais (j'y reviendrais).
Moment de communion néanmoins autour du gospel: la belle histoire des Gospel Kids (le gospel qui "sauve" les gamins des cités alsaciennes), et l'excellente performance de Theresa Thomason, des "Lift up your voice" et du maître Marcel Boungou réunissent toutes les générations et c'est d'ailleurs lors de ces deux groupes que le Zénith sera plein (oui, on se compte souvent, parce que c'est tellement rare...); avant, il y avait de la place, et après, les "moins jeunes" ont fui.


Deux temps décalés, inégaux: le conte africain de Chyc Polhit, et l'électro-slam de Sodapop (sa performance est assez inhabituelle pour des gens comme moi pas très au fait de la scène chrétienne électro-slam, mais les textes sont très recherchés, la chorégraphie un peu savante... bref, ça aurait mérité un temps à part, parce que cela s'intégrait mal dans le reste de la soirée).
Dans le même concert, passer de Bach, Haydn, Haendel et Mendelsohnn à Django Reinhardt, puis aux standards du negro-spiritual, c'est déjà peu évident. Ca devient le grand écart quand on ajoute de l'électro-slam probablement trop "différent/novateur" (faisant littéralement fuir une part importante du public), et du punk-rock très commercial/boys band (on pense à Kyo...) pour (pré-)ados en délire, avec des messages aussi profonds que "Dites à vos amis et à vos proches combien vous les aimez". Tous ces publics n'en font décidément pas un, et je me prends à constater (un peu pessimiste) un fossé que les hommes ne semblent pas pouvoir combler (c'est dans ces cas-là que le Saint-Esprit est appelé à la rescousse).


Retour au Zénith le dimanche matin.
J'employais l'expression "remplir un Zénith pour les protestants"; pendant plusieurs jours, et jusqu'à après une demi-heure après l'heure théorique de début du culte, ce "remplissage" a fait l'objet de toutes les rumeurs et de pas mal de petits soucis. Un système de tickets insuffisant et une gestion curieuse des 500 derniers sièges illustrent là encore qu'on n'a pas l'habitude de ce genre de choses. On ne s'improvise pas une "mega-church" ! Oui, parce que l'image de ce Zénith plein pour un culte, ça rappelle les reportages télé sur les immenses églises américaines !
Le culte est incontestablement LE moment attendu par tous, et vu les enjeux, il a été plutôt une réussite. Côté chants, je les connaissais tous, du psaume du 17ème siècle aux chants du 20ème (on n'est pas allé plus récent), en passant par Taizé... Côté messages, l'exercice (trois messages courts par trois pasteurs sur trois textes) n'est pas le plus heureux, à moins que l'aspect "spectacle" ait un peu nui au recueillement nécessaire). Une Sainte-Cène a même pu être servie à toute l'assistance !
Pour faire simple, ce culte m'a plu dans sa dimension "événement", mais - en fidèle très exigeant que je suis - ne m'a pas franchement marqué sur le plan "enseignement"/"foi personnelle".

Bien sûr, "rassemblement" suppose retrouvailles. La galaxie protestante a beau être éclatée, on se connaît vite. Il y a les retrouvailles prévues, et tous ces connaissances qu'on croise après avoir perdu contact pendant des années. Ca fait plaisir ! Les stands dans la journée de samedi, et les deux événements au Zénith ont permis de saluer des têtes connues, d'échanger des nouvelles... On n'est jamais seul !

J'ai profité de Protestants en fête avec Isabelle, et elle m'a aussi fait découvrir la ville: la cathédrale, le centre-ville, la "Petite France". Le ciel bleu a tardé à apparaître, mais ca y est, j'ai enfin eu le temps de voir quelques lieux emblématiques de la capitale alsacienne !


Toutes mes (bonnes) photos du week-end en cliquant ici !



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Par David Veldhuizen - Publié dans : Chronique
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Lundi 26 octobre 2009
Dimanche 25 octobre
Paris 19, MK2 Quai de Loire

FISH TANK
De A. Arnold (UK, 2009)



Mon appréciation: 8/10

La musique et/ou la danse et "l'Angleterre d'en bas"... oui, on pense à Billy Elliot, à This is England, notamment. Mais on est moins dans le mélo dans Fish tank. Mia, ado de 15 ans, cohabite avec sa mère (ses amants, ses bouteilles) et sa petite soeur dans une cité (style banlieue française) perdue en Angleterre, entre une zone industrielle, des terrains vagues, et, plus loin, une zone pavillonnaire presque fortifiée. Mia est en révolte, les joutes verbales et parfois physiques (là, on peut penser à L'Esquive, Regarde-moi ou encore à Ils mourront tous sauf moi) sont sa façon de communiquer avec les autres; sinon elle se défoule avec du hip hop, sur lequel elle imagine des chorégraphies dans un appart' vide. Elle essaie aussi de libérer la vieille jument qui semble dépérir dans le terrain vague occupée par d'autres encore plus marginaux, des gens du voyage.

Connor, un nouvel ami de sa mère, essaie de parler avec Mia. Elle finit par s'amadouer, et un semblant de famille est en gestation. Connor s'intéresse à Mia, lui conseille de passer une audition pour rejoindre une troupe de danseurs, lui fait découvrir de nouveaux horizons musicaux (le California Dreamin', magnifique hymne de ce film). Mais comment éviter les maladresses ? On frise le drame, à plusieurs reprises.

Très beau film à la belle durée de vie (plus de 6 semaines depuis sa sortie, avec une salle pleine ce dimanche soir), Fish tank fonctionne très bien grâce à son scénario et ses personnages (typés, pas caricaturaux), ses interprètes (Katie Jarvis dans le rôle principal, encensée justement par la critique), sa bande-son (California Dreamin' et tant d'autres). L'image caméra à l'épaule est parfois trop utilisée, mais cet "abus" reste limité. Fish tank, un film sensible sur l'adolescence, un thème décidément inépuisable !




Par David Veldhuizen - Publié dans : Cinéma
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Dimanche 25 octobre 2009

Je n'ai lu que trois romans de Ian McEwan (Sur la plage de Chesil, Expiation, et maintenant Samedi), mais je pense que je suis devenu fan, voire accro. Je dévore les chapitres (pourtant très longs) et 380 pages, ne narrant qu'une journée de la vie d'un neurochirugien britannique et de sa proche famille, semblent durer à peine 50 pages. Bluffant.

Février 2003. Le 11-Septembre est dans les esprits. Bush Jr et Blair préparent leurs opinions publiques respectives à l'invasion de l'Irak, alors que les preuves (liens avec Al-Qaida, armes de destruction massive) sont plutôt maigres pour ne pas dire inexistantes. Ce samedi, le peuple britannique a prévu de descendre dans la rue pour manifester son opposition à la guerre. Mais le récit commence un peu plus tôt, à l'aube. Henry Perowne, neurochirurgien, se réveille en pleine nuit. Il regarde à sa fenêtre. Un avion en flammes traverse le ciel de Londres. Il s'inquiète, réfléchit (un personnage qui s'auto-analyse quasiment en permanence, comme ça m'arrive aussi), essaie d'en savoir plus, allume la télé. Dans la cuisine, il croise son fils, musicien de blues, et discute avec lui. Sa femme, Rosalind juriste, dort encore. Quand le jour se lève, elle ira travailler; Henry doit disputer une partie de squash avec un collègue; le fils va répéter avec son groupe; quant à la fille et au beau-père, ils doivent arriver dans la soirée, tous deux de France; il va falloir préparer le dîner et amorcer des réconciliations, sans s'écharper sur la guerre en Irak. Voilà pour le planning. Mais, comme je l'écrivais, Londres manifeste. La circulation est perturbée. S'ensuit un accrochage sans gravité pour Henry quand il se rend au terrain de squash. Sans gravité ? La journée va pourtant être bouleversée...

Malgré la progression lente du récit (une spécialité de l'auteur), on ne s'ennuie pas. L'introspection permanente d'Henry est passionnante. La tension monte. Sur la toile de fond évoquée, Ian McEwan démontre avec brio que la fragilité est partout. Même au sein de familles qui réussissent (chirurgien réputé, juriste recherchée, musicien reconnu, poète célébrée), il suffit de peu pour basculer. Les rétablissements ne sont que provisoires. Une vision certes peu enthousiasmante, mais extrêmement lucide, bien documentée, très bien écrite. Encore une fois, bravo !



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Par David Veldhuizen - Publié dans : Livres
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Samedi 24 octobre 2009
Par quoi commencer ? Déjà, par cette fin du chapitre 3 du roman de Ian McEwan que je suis en train de lire (fin de chapitre que j'ai lu dans le métro en allant au concert).

"Sa fatigue envolée, Henry s'écarte du mur auquel il s'était adossé et s'avance au centre de la salle obscure, plus près de cette grande machine à produire des sons. Il se laisse happer. Rares sont les moments où des musiciens atteignent ensemble quelque chose de plus délectable que tout ce qu'ils ont pu connaître en concert ou en répétition, bien au-delà de la simple collaboration ou de la compétence technique, et où leur expression acquiert la légèreté et la grâce de l'amitié ou de l'amour. C'est alors qu'ils nous offrent un aperçu de ce que nous pourrions être, de ce que nous avons de meilleur, de ce monde impossible où l'on donne tout aux autres sans rien perdre de soi-même.

Dans le monde réel il existe des programmes détaillés, des projets visionnaires de sociétés paisibles, sans conflit, promettant le bonheur à tous et pour toujours - des mirages au nom desquels les gens sont prêts à tuer et à se faire tuer. Le royaume du Christ sur Terre, le paradis des travailleurs, l'Etat islamique idéal. Mais seule la musique, en de rares occasions, laisse vraiment entrevoir cette communauté de rêve, séduisante illusion qui s'évanouit avec les dernières notes."


C'est une effrayante banalité que de citer l'adage "la musique rapproche les peuples". Mais quand c'est la vérité... L'Orchestre Philarmonique de Radio France est bien sûr "français", mais compte de nombreux solistes internationaux (le violon solo Svetlin Roussev est probablement russe !!!). L'Orchestre Simon Bolivar des Jeunes du Venezuela est majoritairement vénézuelien... Ils se produisent à Paris, jouent des oeuvres françaises et vénézueliennes pour un public cosmopolite, et le tout est retransmis en direct sur le site live d'une chaîne franco-allemande, l'indispensable Arte. Mais qu'importent ces nationalités ? Jouer de la musique, en écouter, il n'y a pas de langues qui comptent. Les émotions, les frissons sont humains, universels.


Le concert (j'avais manqué le premier concert de mon abonnement de la saison 2009-10, pour un week-end familial absolument inamovible en septembre) - le concert donc commençait par "Daphnis et Chloé, suite n°2" de Maurice Ravel, interprété par l'Orchestre Philarmonique de Radio France (que je commence à connaître !), dirigé par Gustavo Dudamel, le directeur musical de l'orchestre vénézuelien et par ailleurs chef invité régulièrement à Paris. L'oeuvre, composée en 1912, a des tonalités de merveilleux.

Changement de musiciens, l'Orchestre Simon Bolivar des Jeunes du Venezuela prend place. La salle Pleyel est grande, et ça tombe bien, car la formation l'est aussi: près de 40 violons, et tous les pupitres à l'avenant ! Ils sont jeunes, beaux et belles ("ils" ont des cravates, "elles" des robes plus courtes et échancrées que les musiciens de l'Orchestre Philarmonique français), et d'un talent immense ! Ils jouent "Santa Cruz de Pacairigua", du compositeur vénézuelien Evencio Castellanos (1915-1984). C'est festif, mais aussi très riche, car tous les instruments ont leur mot à dire ! Magnifique.

Après l'entracte, les deux Orchestres (avec quelques pertes évidemment) n'en forment plus qu'un, immense, où on doit friser les 50 violons, les 20 violoncelles, les 20 "bois", les 15 "cuivres", les 4 harpes... Presque démesuré... mais Gustavo Dudamel va assurer brillament la direction de tout ce beau monde pour la "Symphonie fantastique" d'Hector Berlioz. Nous voilà partis pour près d'une heure réellement "fantastique". Je connaissais de nom cette oeuvre, mais je pense que c'est la première fois que je l'écoutais intégralement, qui plus est avec une formation si exceptionnelle ! Bassons, flûtes, hautbois, cors et percussions ont l'occasion de faire une démonstration de leurs talents.


Après des tonnerres d'applaudissements, des échanges de médailles entre les musiciens, il y a même un petit morceau pour le rappel, très "latino", très festif encore. La joie de partager ce moment musical, cet instant de communion durant lequel rien d'autre ne compte, inonde la salle. Il s'est passé quelque chose de fort ce vendredi soir. Du bonheur, tout simplement.

Un bonheur auquel vous avez droit, au moins quelques jours, grâce à Arte Live Web, qui a diffusé le concert en direct, et le laisse disponible en streaming (encore quelque chose de fantastique):




Pour en savoir plus:
Par David Veldhuizen - Publié dans : Musique
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Dimanche 18 octobre 2009

Thomas Pynchon, Thomas Pynchon... un nom qui revient souvent dans Télérama, Le Monde, ou à ma librairie, où une soirée avec un de ses traducteurs avait été organisée il y a quelques mois. OK, Thomas Pynchon, je vais essayer.

"En rentrant d'une réunion Tupperware bien arrosée, Oedipa Maas apprend qu'un ex-petit ami l'a nommée exécutrice testamentaire. Le legs est étrange: des dizaines de faux timbres, signes de ralliement d'une bande de conspirateurs déjantés... Thomas Pynchon dessine la fresque impitoyable d'un monde sans queue ni tête, et brouille les pistes avec une allégresse contagieuse." annonce la quatrième de couverture. Je m'insurge, le qualificatif de "contagieux" ne se justifie pas du tout à mes yeux. Brouillage des pistes, absence de repères, des arguments de poids quand il y a du suspense. Or je n'ai pas réussi à trouver le moindre enjeu de suspense dans Vente à la criée du lot 49. Pas question d'enquête policière avec un crime à élucider ou un coupable à identifier, pas question non plus d'une quête d'identité puisque les personnages ont certes plusieurs facettes mais ne semblent pas mal à l'aise avec, non, je n'ai pas réussi à comprendre le cheminement de l'auteur et de son héroïne. Et je n'ai donc pas pris plaisir à ce récit certes déjanté, mais jamais captivant. Grosse déception...

Bon, je vais me consoler avec une valeur sûre, un Ian McEwan...



Pour en savoir plus:
Par David Veldhuizen - Publié dans : Livres
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Mercredi 14 octobre 2009
Mardi 13 octobre
Paris 19, MK2 Quai de Loire

THE INFORMANT!
De S. Soderbergh (USA, 2009)

(une affiche qui n'est pas sans rappeler celle du Direktor, de L. von Trier)


Mon appréciation: 7/10

The Informant! est un film atypique. On s'attend un peu à un Burn after reading sur le milieu des indics. Alors oui, il y a de la comédie. Et oui, le héros (Clooney et Pitt dans Burn...; Damon dans The Informant!) est déjanté, surprenant, et visiblement un régal pour l'interprète. Inspiré d'une histoire vraie des années 1990, le film suit Mark Whitacre, cadre d'une multinationale de l'agro-alimentaire, qui se met à rencontrer des agents du FBI pour leur faire des révélations sur des pratiques au sein de cette entreprise, AMD. Le FBI se demande bien quel est l'agenda Whitacre, mais ses informations sont tellement bienvenues que le sursaut d'honnêteté invoqué est satisfaisant. Oui mais voilà, l'informateur donne des faits, des chiffres, et parfois ça ne colle pas. Au fur et à mesure, notre Mark Whitacre s'inquiète des risques de son double jeu. Trop tard, le mécanisme est enclenché... Une personnalité intéressante, en tous cas !

En arrivant dans la salle, j'y trouve Pascal, un ancien de Sciences Po Lille. Nous discutons donc à la sortie, et tous deux avons bien apprécié ce nouveau Soderbergh, qui mène le spectateur en bateau d'un bout à l'autre du film. Avec une musique de cirque, ce qui annonce la couleur, mais n'aide pas à démêler le vrai du faux. Comme quoi on peut apprécier un film dont on n'arrive pas à comprendre l'histoire ! Belle performance.

Par David Veldhuizen - Publié dans : Cinéma
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