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Mardi 2 mars 2010 2 02 /03 /2010 23:45
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Il y a une poignée de semaines, j'ai quelques livres à acheter à la librairie. Et, bien sûr, je ne résiste pas à la tentation de parcourir les rayons, les présentoirs. Et, bien sûr, je succombe pour un livre au titre qui me parle bien, l'ayant pas mal lu dans les médias et puis parce qu'au boulot, je suis invité à "raconter des histoires" pour présenter un programme, que j'avais déjà maintes fois décrit, mais de façon technique et/ou administrative. Le storytelling, donc.

J'en parle, par hasard, à Denis sociologue mais surtout ami, au détour d'une discussion Starb*cks du commerce. Et il me surprend "ah oui, ce livre a fait parler de lui, il a créé une certaine polémique, tu me diras ce que tu en as pensé". Ah. Comme quoi la tentation fait bien les choses.

wos7.jpgChristian Salmon décrit le phénomène "viral" du storytelling, venu (bien entendu) des méchanzétazunis, des zodieuzezinstitutionzinternationales et (bien sûr) des immondes multinationales. Et qui contamine la politique. Regardez Reagan, Bush Jr, mais aussi Clinton (Bill) et Sarko/Ségo. Le storytelling, c'est transformer un discours, un argumentaire, ou même une idée en une histoire que les "destinataires" s'approprient facilement, à laquelle ils adhèrent. Au lieu de vous parler de la spéculation immobilière et du rôle des promoteurs qui font pression sur les élus locaux pour construire en terrain inondable, le storyteller vous racontera l'histoire de ce petit couple de retraités qui avait mis toutes ses économies dans ce pavillon qui a été emporté par Xynthia. Au lieu de vous expliquer son système de sécurité sociale en présentant son mécanisme de financement, Obama vous parlera d'une mère qui a deux jobs et ne pouvait se payer une mutuelle, et qui sera couverte grâce à son plan. Pour revenir au monde de l'entreprise, Microsoft (pas bien) ne vous dit pas en quoi son nouveau système d'exploitation est innovant; il vous proposera en bannière de votre messagerie email la photo d'un anonyme qui aurait eu les idées géniales qui ont abouti à Windows 7 (bon bien sûr tout le monde sait bien que Microsoft a les idées géniales que ses concurrents ont eu 2-3 ans avant). Voilà pour le storytelling.

Le problème de cet ouvrage, c'est qu'il oscille entre étude scientifique de type sociologie des discours ou de la publicité, et pamphlet moralisateur "le storytelling c'est du business et surtout de la propagande et ce n'est pas bien". Il décrit sans décrypter, sans expliquer, ce qui est frustrant, et il juge sans argumenter. Ecrire en substance "le storytelling c'est mauvais parce que regardez l'usage qu'en a fait l'administration Bush", c'est le degré zéro de l'analyse. Je simplifie à peine le propos tel que je l'ai ressenti. Il cite souvent Foucault, Ricoeur, et ceux qu'il appelle les "gourous du storytelling" (remarquez d'ailleurs le choix du vocabulaire: gourou appartient au champ sémantique de la secte, la secte est connotée négativement dans la société française, et hop on glisse du "professionnel" au "dangereux escroc manipulant les faibles gens"...).

Quelques lignes m'ont néanmoins beaucoup parlé. Il cite Jay Rosen (professeur de journalisme à l'université de New York), qui commente un article de Ron Suskind (éditorialiste au Wall Street Journal entre 1993 à 2000, l'article cité date des élections présidentielles US de 2004 et Suskind y relate les échanges qu'il a eu avec un conseiller en communication de Bush Jr).

"Au cours des trois dernières années, expliquait Rosen en juillet 2007, en fait depuis le début de l'aventure en Irak, les Américains ont assisté à des échecs spectaculaires du renseignement, des effondrements spectaculaires dans la presse, une faillite spectaculaire des dispositifs publics de contrôle des actions du gouvernement, comme la disparition de la surveillance du Congrès et le court-circuitage du Conseil national de sécurité, qui ont été mis en place précisément pour éviter ces événements. (...) En parlant de 'défaite de l'empirisme', Suskind a mis le doigt sur l'essence de ce processus, consistant à délimiter la délibération, le contrôle, la recherche des faits, l'enquête de terrain."

Plus loin:

"Il dénonçait une campagne 'puissante et diversifiée, coordonnée nationalement', visant à discréditer la presse. A Eric Boehlert qui lui demandait s'il pensait que de telles attaques visaient à en finir avec le journalisme d'investigation, Suskind répondait: 'Absolument ! C'est bien là l'objectif, que la communauté des journalistes honnêtes en Amérique disparaisse, qu'ils soient républicains ou démocrates, ou membres de la grande presse. (...) Il ne nous restera plus ainsi qu'une culture et un débat public fondés sur l'affirmation plutôt que sur la vérité, sur les opinions et non sur les faits."

(C'est moi qui souligne).

Je ne suis pas convaincu du caractère délibéré du processus. Je constate, empiriquement (!), son existence. Et je m'effraie. Parce qu'un monde fonctionnant sur l'émotion, l'opinion, et non sur les idées cartésiennes, c'est la fin de l'esprit des Lumières, c'est la loi de la jungle.

 

Dans la postface, écrite en août 2008, Christian Salmon revient sur le style de son livre. Il plaide avoir commencé ses travaux avec un "simple étonnement", reconnait "dans sa seconde partie (...) un tour résolument critique lorsque l'enquête s'intéresse à des usages du récit qui ont pour finalité explicite de tromper ou de dissimuler la vérité, de manipuler les Etats et les opinions publiques", mais maintient avoir cherché à "en discerner les enjeux, les modes opératoires, les effets spécifiques". Visiblement, il a échoué.




Pour en savoir plus:
Par davveld - Publié dans : Livres
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Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /2010 00:12
Samedi 27 février
Paris 19, MK2 Quai de Seine

FANTASTIC MR FOX
De W. Anderson (USA, 2009)

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Mon appréciation: 7/10

Le réalisateur, Wes Anderson, a ses inconditionnels, et puis ceux qui passent à côté de ses films. Je pensais me ranger dans cette deuxième catégorie après A bord du Darjeeling Limited, et hésitais un peu à aller voir Fantastic Mr Fox dont la bande-annonce me faisait de l'oeil (mais c'était pareil pour le Darjeeling Limited).

Finalement j'ai bien aimé, j'ai trouvé que c'était un film d'animation proche du talent Pixar, aussi bien en termes d'images que de dialogues. Il y a de vraies trouvailles... mais elles sont peut-être du fait de Roald Dahl. Peu importe. Télérama est partagé, mais le journaliste qui a aimé parle des références à Wallace et Gromit (oui), à la trilogie Ocean's Eleven (les casses impossibles, et la voix de George Clooney en VO), à Ennio Morricone (oui aussi); celle qui n'a pas aimé rappelle Chicken Run, et la référence est juste aussi. Donc les emprunts et les clins d'oeil sont multiples, mais sympa.

Au fait, de quoi ça parle ? Mr Fox, renard comme son nom l'indique, promet à sa dulcinée de mener une vie plus rangée que "voleur de poules". Il devient chroniqueur dans un journal... mais aimerait bien déménager. Direction un arbre isolé, en face des exploitations des magnats de la poule, de l'oie, et du cidre (ah bon...). Bien entendu, Mr Fox a une idée derrière la tête. Il embarque un ami dans l'aventure. Ca commence bien, et puis les magnats en ont marre et assiègent la demeure de Mr Fox. Il doit se terrer avec ses amis, sa femme en colère, son fils en pleine crise d'adolescence et qui se voit renvoyer ses mauvais résultats sportifs, son neveu qui excelle en tout... Bref, tous les problèmes qu'il avait fuit ne peuvent plus attendre.

Le suspense n'est pas la première qualité du film (c'est même plutôt sans surprise) mais on rit beaucoup: images, dialogues et musiques sont déjantées.

 

Par davveld - Publié dans : Cinéma
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Dimanche 28 février 2010 7 28 /02 /2010 15:23
L'an dernier, j'avais reçu une Smartbox Aventure en cadeau. Et j'avais promis de vous dire ce qu'elle allait devenir. Chose promise, chose dûe ! J'avais fait mon choix; pourquoi pas un baptême en ULM ?

Prévu depuis plusieurs semaines, je n'étais pas sûr qu'il ferait suffisamment beau ce samedi pour le vol. Mais non, la pluie de la semaine s'est arrêtée, et la tempête qui placera presque toute la France en alerte orange voire rouge est encore loin. Tant mieux, parce que le programme était assez serré avec la voiture de location (surtout qu'il y a eu un imprévu au départ) !

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J'arrive dans le hangar de l'école ULM de Paris à midi, comme prévu. Là, quelqu'un me précède (ils avaient un peu de retard), et tant mieux, ça me permet de mieux appréhender ce qui m'attend ! Parce que le décollage est "raide" ! Quand c'est mon tour, ça va très vite: on enfile un manteau supplémentaire, des écouteurs et un casque. On met sa ceinture  - mais pas de parachute ;). Un peu flippant: si le moteur s'arrête, bah il n'y a pas d'habitacle ni quoi que ce soit pour amortir l'atterrissage. L'ULM a plusieurs avantages, dont celui de pouvoir décoller et atterrir sur l'herbe. On ne se prend pas la tête avec des trajectoires. Il "suffit" d'accélérer à près de 100 km/h et hop ! c'est parti. J'ai "réussi" à filmer le décollage:


Baptême ULM

Pendant près de 20 mn, je découvre la région différemment. Marrant, c'est la campagne, mais on aperçoit la tour Montparnasse, Roissy... Le pilote me dit que nous atteignons les 900 mètres d'altitude. Quand même ! J'aime moins quand il faut descendre, et qu'il coupe le moteur: la sensation de chute, très peu pour moi !

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Un déluge de sensations fortes, moi qui ne fréquente jamais les attractions style montagnes russes et autres animations foraines, j'ai ma dose ! L'atterissage est extraordinairement doux... il faut dire que l'ULM c'est super léger, et puis le pilote est bon. Il reste à signer le livre d'or, et puis reprendre le chemin du retour. Une voiture avec sa carrosserie, ça paraît très "solide" après le vol. Dont je garde un bon souvenir, même si je vois bien que je n'aime pas trop me faire peur ! Bon, avec l'habitude, je comprends que le vol avec ce type d'engins doit être particulièrement grisant.

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Par davveld - Publié dans : Chronique
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Mercredi 24 février 2010 3 24 /02 /2010 01:57
250px-Carl Maria von WeberAprès le cinéma lundi, on continue dans les oeuvres romantiques. Mardi soir, salle Pleyel, l'Orchestre Philarmonique de Radio-France, dirigé par son chef "titulaire" Myung-Whun Chung, joue:

1. L'Ouverture de Der Freischütz, de Carl Maria von Weber (1821)
Carl Maria von Weber a écrit de superbes compositions pour la clarinette, mon instrument quand j'étais plus jeune. Du coup, le nom m'est familier et agréable. Mais je connais finalement peu de ces oeuvres. Ce soir, extrait d'un opéra. Beaux timbres de cuivres, ça fait très "forêt". Un bon début !

200px-Chopin-scheffer.jpg2. Le Concerto pour piano et orchestre n°2, de Frédéric Chopin (1830)
Au piano, le virtuose russe Evgeny Kissin qui avait déjà joué les concertos pour piano de Chopin à l'âge de 12 ans ! Chopin, vous devez savoir que l'on fête en 2010 le bicentenaire de sa naissance... c'est aussi le cas pour Schumann (le troisième compositeur au programme de ce soir), même si on le sait moins. Revenons au Concerto. Les notes qui s'écoulent sur le clavier évoquent, comme les bois dans Weber, un thème bucolique, un paysage champêtre, ou, plus exactement et en ce qui me concerne, je pense à un nénuphar détaché de sa tige, qui flotte sur un ruisseau au débit irrégulier: beaucoup de légèreté, de fluidité, des accélérations tourmentées et des passages plus paisibles... Evgeny Kissin reviendra pour trois (!) rappels; à chaque fois, une Valse de Chopin (qui en a écrit plein). Evidemment, on est transporté.

250px-Robert_Schumann_1839.jpg3. La Symphonie n°1, de Robert Schumann (1846)
Schumann, à ne pas confondre avec Schubert même si tous deux sont des grands noms de la musique romantique (première moitié du dix-neuvième siècle), écrit, selon le livret-programme, que cette symphonie a été composée alors qu'il était malade, propose ici une oeuvre plutôt joyeuse, aux tonalités majeures, enlevées... les cordes expriment parfois une certaine fébrilité (c'est l'oeuvre qui le veut, l'interprétation était comme toujours irréprochable), mais les tourments ne sont pas tragiques. Ca s'écoute donc sans peine, ce qui n'est pas toujours le cas des oeuvres proposées par l'Orchestre. Mais ça s'écoute aussi sans marquer durablement, ce qui est probablement un peu moins bien !



Pour en savoir plus: Page du concert sur le site officiel de l'Orchestre Philarmonique de Radio-France

Par davveld - Publié dans : Musique
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Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /2010 23:59
Lundi 22 février
Paris 1, UGC Forum Orient Express

BRIGHT STAR
De J. Campion (UK, 2009)


Mon appréciation: 8/10

La première et la dernière impression sont désagréables: la musique de générique comporte des intervalles augmentés et d'autres tensions et frottements qui raidissent; les première images, de couture, contribuent au malaise. Certes, on m'a dit (notamment Télérama) le plus grand bien de ce film, sorti il y a bientôt deux mois, mais est-ce de ceux tellement géniaux que je n'ai pas les clés pour les apprécier ?

Il n'en est rien, on arrive vite sur le savoir-faire de Jane Campion: photo et lumière sont superbes d'un bout à l'autre du film (savoir-faire britannique; vous ne serez pas surpris d'apprendre que la BBC co-finance le film, ce qui représente souvent à mes yeux un très bon signe). Les costumes sont vraiment décalés par rapport à nos vêtements contemporains, j'irais jusqu'à dire assez hideux, mais bon autres temps autres moeurs... Et même des robes que je trouve plutôt moches peuvent être remarquablement portées et embellies. Abbie Cornish a le même profil que Norah Jones (j'aime beaucoup !) et son visage n'est pas sans rappeler une autre chanteuse, Rebekka Karijord (vue au Café de la Danse il y a peu). Le clip de cette dernière correspond tout-à-fait à l'atmosphère de Bright Star. On est en plein romantisme (aussi bien dans l'acception populaire du mot que dans sa portée historique et artistique): la nature, les bois, l'amour impossible, la poésie... Pour faire simple, John Keats, poète au talent naissant (aujourd'hui un classique) dans l'Angleterre du début du 19ème siècle, flirte avec sa voisine, la ravissante mais un peu superficielle Fanny. Superficielle ? Pas si sûr. Elle s'intéresse à la poésie (d'abord au poète, joué très bien par Ben Whishaw) et un peu moins à ses robes et bals. Mais le "protecteur" de John Keats (joué par un acteur qui ressemble à Michael Youn, heureusement en un peu plus raffiné quoiqu'un un peu goujat sur les bords) ne veut pas que le poète soit distrait. Fiançailles impossibles (il n'a pas d'argent), relation en danger (il tombe malade)... oui, c'est une histoire romantique. Magnifique, pas mièvre un seul instant.

Pour en savoir plus sur John Keats: Wikipedia

Bright star

Bright star, would I were stedfast as thou art—
Not in lone splendour hung aloft the night
And watching, with eternal lids apart,
Like nature's patient, sleepless Eremite,
The moving waters at their priestlike task
Of pure ablution round earth's human shores,
Or gazing on the new soft-fallen mask
Of snow upon the mountains and the moors
No—yet still stedfast, still unchangeable,
Pillow'd upon my fair love's ripening breast,
To feel for ever its soft fall and swell,
Awake for ever in a sweet unrest,
Still, still to hear her tender-taken breath,
And so live ever—or else swoon to death.

 (Wikisources)









Wear it like a crown

I don´t know where this fear came from
how I became so afraid of losing everyone
never been afraid of being lonely
now I´m becoming the one I´m most scared of being

I don´t know where this fear comes from
this fear of failing fear of letting everyone and myself down
its growing deep into my soul
making me all paralyzed and cold

It´s two steps forward, three steps back again
I´ll turn my face against it I won´t run
Courage and belif are my redeems
No one else can rescue me it seems

Cause if I don´t follow my heart this time
I´m gonna forget what this life is all about
I´m gonna take that path I´m going in on my own
I´m gonna take that fear and wear it like a crown

Rebekka Karijord: MySpace - Site officiel


Par davveld - Publié dans : Cinéma
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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /2010 22:50
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Göteborg. Londres. Des jeunes hommes sont retrouvés assassinés, après ce qui s'apparente à un rituel d'une grande cruauté. Les commissaires suédois Erik Winter et écossais Steve MacDonald sont en charge des enquêtes respectives. Des concordances, mais peu d'indices, alors que les médias et les opinions publiques s'émeuvent. D'un autre côté, la discrétion s'impose car les recherches concernent aussi des secteurs aux marges de la légalité, où même les sociétés les plus tolérantes ne peuvent s'aventurer sans risques.

Polar très bien mené, d'ailleurs récompensé du Grand prix du roman policier suédois en 1997, le livre dépeint un pays, mais plus globalement des sociétés, qui se cherchent des repères après avoir aboli nombre d'interdits. Le "vivre ensemble" peut se révéler en péril si au nom de la liberté, plus personne ne se mêle des affaires des autres. Un paradoxe bien évidemment inextricable, à la différence d'une enquête policière !



Pour en savoir plus:

Par davveld - Publié dans : Livres
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Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /2010 22:52
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La première partie de ce recueil de nouvelles, c'était ici en juillet dernier. Un tel pavé de 950 pages denses, c'est heureusement découpé en plusieurs parties. La seconde comporte des textes globalement bien plus longs que la première.

Il y a le célèbre La Steppe. Un mot aux mille évocations pour moi, ces chevauchées dans Michel Strogoff de Jules Verne (un de mes livres préférés), ou ces étendues propices à l'introspection comme dans Eloge de l'énergie vagabonde, de Sylvain Tesson. Tchekhov ne me déçoit pas. On suit quelques voyageurs, un enfant et des marchands, sur les routes de la steppe russe, ou l'âme russe se dévoile:

"Pendant le repas, la conversation fut générale. De cette conversation Iégorouchka déduisit que ses nouveaux amis, malgré les différences d'âge et de caractère, avaient quelque chose en commun, qui les faisait se ressembler entre eux: c'étaient tous des gens avec un passé admirable et un présent déplorable; sans exception, ils parlaient de leur passé avec enthousiasme et traitaient leur présent quasiment avec du mépris. Le Russe aime se souvenir mais n'aime pas vivre; Iégorouchka ne savait pas cela, et, avant que la soupe fût mangée, il croyait fermement que les gens qui l'entouraient étaient des humiliés et des offensés du destin."


Un désagrément narre les tourments d'un docteur qui gère mal ses relations avec le personnel de sa clinique. Pas marquant.

Une histoire ennuyeuse porte affreusement bien son nom, c'est la nouvelle que j'ai eu le plus de mal à lire, et que je n'ai pas apprécié d'ailleurs. Un professeur (bon, la description du monde universitaire est intéressante et garde une actualité assez saisissante) voit le temps passer. Il vieillit, mal, et on doit supporter son histoire pendant des dizaines de pages. Mais parfois nous devons, nous aussi, être très ennuyeux pour nos proches... Ecoutons quand même le professeur.

"- Vois-tu, mon amie, voici de quoi il s'agit. Le meilleur droit des rois et le plus sacré, c'est le droit de grâce. Et je me suis toujours pris pour un roi, car j'usais de ce droit sans y mettre de limites. Je ne jugeais pas, j'étais indulgentn je pardonnais tout à tous. Là où d'autres protestaient ey s'indignaient, je ne faisais que conseiller et user de persuasion. Toute ma vie, je me suis constamment efforcé de rendre ma société supportable pour ma famille, mes étudiants, mes camarades, mes domestiques. Cette façon de traiter les gens, je le sais, avait une bonne influence sur les personnes qui étaient obligées de se trouver près de moi. Mais maintenant je ne suis plus roi. Quelque chose se déroule en moi, qui ne sied qu'à des esclaves: jour et nuit rôdent dans ma tête des pensées méchantes, et dans mon âme nichent des sentiments que je n'ai jamais connus. Je hais, je méprise, je m'indigne, je fulmine, j'ai peur. Je suis devenu sévère au-delà de toute mesure, exigeant, irritable, déplaisant, soupçonneux. Même ce qui, dans le temps, me donnait simplement l'occasion de faire un calembour de plus et de rire avec bienveillance, engendre maintenant en moi un malaise. Ma logique aussi a changé: avant je ne méprisais que l'argent; maintenant j'éprouve de l'hostilité non pas pour l'argent mais pour les richards, comme si c'était leur faute; jadis je détestais la violence et l'arbitraire; mais maintenant je déteste les hommes qui utilisent la violence, comme si c'étaient eux les coupables, et non pas nous tous, qui ne savons pas nous éduquer les uns les autres. Qu'est-ce que cela signifie ? Si ces nouvelles pensées et ces nouveaux sentiments viennent d'un changement d'opinion, d'où vient ce changement ? Le monde serait-il devenu pire et moi meilleur, ou bien étais-je aveugle et indifférent dans le passé ? D'un autre côté, si ce changement est dû à un déclin général des forces physiques et mentales - car je suis malade et je perds du poids tous les jours - ma situation est pitoyable: mes nouvelles idées sont donc anormales, malsaines, je devrais en avoir honte et les tenir pour rien..."

Le texte date de... 1889 !

Trois courts textes suivent. La Cigale ou l'histoire d'une femme qui découvre trop tard les qualités de son mari. Extrait (deux pages !) ou quelques paragraphes du journal d'un professeur décédé, paragraphes laissés à l'abandon par sa "femme de charge" qui a ouvert un cabaret. Un couple qui s'aime mais ne peut se marier à l'église part; le frère de la femme veut une bonne explication et suit le couple; mais finalement ils seront Les voisins et lui n'aura rien résolu.

Le Récit d'un inconnu est celui d'un noble qui s'introduit en tant que valet de chambre auprès de l'adversaire de son père dans une affaire judiciaire; il sera amené à jouer un rôle important auprès de la femme de cet adversaire qu'il méprise...

Au royaume des femmes s'intéresse à une héritière, à la tête malgré elle d'une usine employant plusieurs centaines de personnes. Elle se sait incompétente pour gérer et assurer la direction de cet ensemble. Au lieu d'avantages sociaux pour ces ouvriers, qu'elle craint car elle ne les comprend pas, elle mène des actions de charité, plus arbitraires donc franchement inefficaces, mais elle n'a pas peur de "ses pauvres". Terrible, ce récit d'une femme voulant bien agir mais manquant de discernement (garantir le bon fonctionnement de son usine et veiller au bien-être des travailleurs serait plus "responsable" qu'inonder de sommes importantes des exclus victimes d'alcoolisme). Terrible, ce poids des conventions qui écrasent les uns et les autres...

"- En somme, ces rites de fête sont passablement cruels, dit-elle un peu plus tard, comme en aparté, regardant par la fenêtre les petits garçons qui, en foule, allaient de la maison au portail, et tout en marchant et se dandinant de froid, remettaient leurs pelisses et leurs manteaux. Les jours de fête, on a envie de se reposer, de rester à la maison avec sa famille, alors que ces pauvres petits garçons, cet instituteur, ces employés, sont obligés, on ne sait pourquoi, de marcher dans le froid, de présenter leurs voeux, d'exprimer leur respect, de se gêner..."


A ne pas savoir se contenter de ce qu'on a, on risque de le perdre... c'est la morale des quelques pages du Violon de Rothschild.

Encore une fois bluffé par l'humanité que Tchekhov transmet dans ses textes limpides et tellement contemporains !



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Par davveld - Publié dans : Livres
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Samedi 13 février 2010 6 13 /02 /2010 23:54
Samedi 13 février
Paris 19, MK2 Quai de Seine

IN THE AIR
De J. Reitman (USA, 2009)

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Mon appréciation: 7/10

Le héros est improbable. Payé scandaleusement, il licencie au nom de DRH lâches ou tourmentés; chaque jour, un nouvel avion (la pub pour American Airlines est trop appuyée), une nouvelle entreprise, et un ou plusieurs dizaines d'employés à conduire à la porte; le rêve de Ryan (joué par George Clooney) est de rejoindre le club très fermé des passagers ayant cumulé plusieurs millions de Miles. Ryan est improbable surtout parce qu'il n'a pas de chez-lui, pas d'amis, aucune attache. Il "prêche" le détachement, au nom de la survie ("s'attacher, c'est avancer moins vite, c'est mourir plus tôt" en substance).

Et puis un jour, bien sûr, il croise une autre grande voyageuse. Un autre, c'est une jeune collègue qui veut révolutionner son job en réalisant les entretiens de licenciement par webcam interposée (là c'est malheureusement trop crédible et Ryan se retrouve être le "cool guy" !). Encore un autre, c'est sa soeur qui se marie et forcément rappelle quelques attaches.

Bien sûr, il n'y a pas de grandes surprises. Mais Jason Reitman (Thank you for smoking, Juno) fait du bon boulot. De Sharon Jones en musique de générique aux dialogues, en passant par un très bon casting, le film est efficace, ni comédie romantique mièvre, ni comédie sociale moralisatrice. La gestion des salariés et licenciés aux Etats-Unis après la crise des subprimes; la solitude comme choix ou comme résignation dans nos sociétés occidentales contemporaines... deux thèmes qu'il peut être difficile de traiter avec humour mais sans moquerie ou mépris. Deux thèmes qui questionnent, l'air de rien, ce qui définit l'humain. In the air parvient à relever ces différents défis, et on passe un bon moment !

Par davveld - Publié dans : Cinéma
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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 22:43
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"Cette année, je prends un abonnement au Théâtre National de la Colline": cela m'avait permis d'apprécier Notre Terreur. Ce soir, je continue avec les pièces à caractère historico-sociologique. Direction une ville de l'ex-République démocratique d'Allemagne (RDA), en 1993. Une grand-mère, une mère, une fille emménagent. La grand-mère réintègre la maison qu'elle avait achetée avec son mari, en 1935, alors que les précédents propriétaires, juifs, avaient dû quitter le pays. Après la guerre, la maison, épargnée par les bombardements, est abandonnée par la mère, qui fuit à l'Ouest. Après la chute du Mur, du fait des lois de restitutions, toute la lignée récupère les lieux. Mais les fantômes de la famille juive de 1935 et des familles qui se sont succédées pendant la partition de l'Allemagne ne sont pas tout à fait loin.

lapierre02.jpgLa pièce, d'un peu plus d'1h15, multiplie les sauts dans le temps (des néons indiquent, en hauteur, la date de l'action), brouillant un temps les repères. Marius von Mayenburg explore en fait le décalage entre le "souvenir", le "raconté", et puis une "réalité" plus complexe qu'unique. Allemand né dans les années 1970, il s'intéresse aux constructions personnelles, puis familiales, et bien entendu à l'échelle sociétale qui écrivent l'histoire, l'Histoire. Quant au metteur en scène, aux choix judicieux, Bernard Sobel, il explique dans le livret-programme qu'il revisite quant à lui tout ce que l'idéologie (communiste, en ce qui le concerne, pendant de nombreuses années) ne mettait pas en valeur. Le propos est bien entendu universel, il interroge donc sur le souvenir, l'histoire, mais aussi ce qu'on s'approprie et ce qu'on souhaite défendre. A l'heure où l'on amalgame identité nationale et immigration, les parallèles sont éclatants. En-dehors de notre microcosme hexagonal et de la thématique inégalités Nord/Sud, la pièce peut aussi trouver des résonances très riches dans la tourmente proche-orientale ("la pierre", référence à un caillou jeté contre une maison juive, gardé comme symbole d'une résistance à une persécution...).

Je suis donc content d'avoir choisi, un peu aveuglément, cette pièce dans le cadre de mon abonnement. Seul regret, mais il est de mon fait, c'est celui de ne pas réussir à rester attentif face à une scène plutôt statique (au cinéma, le rythme de l'image et la luminosité de l'écran captent et retiennent le regard)...



lapierre03.jpgPour en savoir plus:


Photos extraites du livret-programme.
Par davveld - Publié dans : Chronique
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Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /2010 11:00
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Roman autobiographique, Mon Amérique commence en Pologne ne se déroule ni aux Etats-Unis, ni en Pologne, mais à Paris, où la jeune Leslie, fille d'un employé de l'ambassade des Etats-Unis, vit son enfance, puis son adolescence. Années d'après-guerre, dans un cercle particulier, plutôt très privilégié. Plus qu'un récit, c'est une succession d'anecdotes, parfois de simples phrases, un peu comme une collection de coupures de presse, version journal personnel (pas vraiment intime). Faits, impressions, mais pas d'analyses ou de "projets" dans ces pages. J'aime moyennement cette première partie.

Et puis il y a d'autres pages, celles qui parlent de mai 68 (mais un peu avant quand même), une effervescence que Leslie Kaplan vit en tant qu'étudiante. Un bouillonnement d'idées, d'utopies; un bouleversement des ordres établis, des manières de vivre. Le propos est peu structuré, encore une fois, mais des passages me touchent, notamment ceux, déjà partagés avec une miss voyageuse:
circuler, plutôt qu'être à sa place
circuler partout
et les mots aussi circulaient
prenaient des drôles de sens
(...)

tout le monde pensait sans arrêt
tout le monde essayait de penser
c'était extraordinaire
et complètement normal

Une époque unique, sans nul doute. Des pages avec des fulgurances, avant une troisième partie, plus posée, où la narratrice raconte sa relation avec une amie et sa fille, cette dernière symbolisant déjà une nouvelle vision du monde.

Mon Amérique commence en Pologne se lit très vite, du fait de cette écriture très courte, très anecdotique, avec des répétitions (des paroles de chansons en anglais puis leur traduction en français). Comme je l'évoquais, il y a quelques lignes que j'ai trouvé très fortes. Hormis ces paragraphes, le côté "anecdotique" est d'ailleurs un choix qui ne m'a pas plu car on peine à savoir pourquoi ces souvenirs et pas d'autres. En fait je regrette - mais c'est personnel - l'absence de "finalité" au texte.



Pour en savoir plus:
Par davveld - Publié dans : Livres
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Samedi 6 février 2010 6 06 /02 /2010 20:37
Vendredi 5 février
Paris 20, MK2 Gambetta

A SERIOUS MAN
De J. et E. Coen (USA, 2009)

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Mon appréciation: 5/10

Leur Amérique commence en Pologne... ou en Europe de l'Est, il y a longtemps, où l'on parle yiddish, de Cracovie, Lviv... une version rurale quasi moyen-âgeuse de ces vies. Un prologue déstabilisant, qui donne d'emblée le thème: la malédiction, l'absurde.

Après cette introduction, l'action se situe dans le Mid West des années 1960. Larry, professeur de mathématiques, est bien intégré dans la communauté juive locale; son fils prépare sa bar mitsvah... Tout n'est pas parfait, mais c'est tout à fait l'histoire de Job, ce personnage biblique avec qui les Juifs ne peuvent s'empêcher de se comparer: au départ, une situation plutôt heureuse, et progressivement, une série de mauvaises nouvelles s'abat. Larry apprend que sa femme veut divorcer, pour vivre avec un prétentieux; en plus, c'est lui, Larry, qui doit déménager; à l'université, des lettres anonymes pourraient lui coûter la titularisation qu'on lui promettait depuis longtemps; un de ses élèves fait pression sur lui pour valider un examen et lui remet (ou pas ?) une enveloppe d'argent; sa fille passe plus de temps à se coiffer qu'à étudier; son fils se drogue; son frère, envahissant, est accro au jeu et se fait régulièrement raccompagner chez Larry par la police... N'en jetez plus !

"Tu devrais voir le rabbin", lui répète-t-on. Le premier rabbin, à peine sorti de l'adolescence, compare la vie à un emplacement de parking; le deuxième raconte une histoire de dentiste sans chute; le troisième ne reçoit pas car "il médite".

Télérama écrit "le plus émouvant (film) des frères Coen". On m'avait dit "on ne peut s'empêcher de rire". Hum. Ca n'a pas marché pour moi, je n'ai pas réussi à m'identifier à l'un ou l'autre des personnages, et puis certes l'autodérision typique de l'"humour juif" est bien présente mais fonctionne mal. J'ai été déçu, eu l'impression de "passer à côté". Ca arrive !

Par davveld - Publié dans : Cinéma
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Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /2010 21:40
Ces mois-ci, on parle, à tort et à travers, d'une supposée "identité nationale".
Il y a quelques jours, France Info décryptait les chiffres 2009 des gardes à vue (600 000 sans compter ceux liés à la circulation, ce qui situe l'estimation à 1 million pour 64 millions de Français - même si certains sont mis plusieurs fois en garde à vue par an); et j'entends souvent un membre de l'équipe du Contrôleur général des lieux privatifs de liberté raconter ses inspections.

Ce soir, en rentrant du boulot, sur la ligne 3 du métro. Heure de pointe, il y a un peu de bousculade. Une dame (A), voilée, heurte une autre femme (B), chargée de sacs de courses. B demande des excuses. Un homme "bronzé" (C), qui accompagne A, répond avec énervement. B surenchérit.

Tout d'un coup, B sort de son sac son portable, le brandit, avec une photo d'elle en uniforme de police. Elle menace C d'une garde à vue, pour manque de respect, et désignant de la main les passagers autour d'elle, "j'ai des témoins" (on est une bonne dizaine dans ce morceau de wagon).

Pas de chance, les passagers refusent de rentrer dans le jeu. Certains répondent à B, d'autres recommandent à C de se calmer. La "discussion" dure bien 2-3 stations, et à Gambetta, la "policière pas en fonction" essaie d'attirer tout le monde au commissariat, pour que ses collègues puissent calmer tout ce beau monde. B s'est fait copieusement insulter.

J'ai été plutôt fier de voir que beaucoup de monde prenait la défense d'A et C.

Mais j'ai été choqué que les agents de police, même "en dehors du service", brandissent la menace de gardes à vue à tout bout de champ. Choqué qu'avec un uniforme, l'exagération de B aurait conduit tout le monde au poste. Choqué de constater, comme tous les jours (il n'y a qu'à voir qui se fait contrôler dans le métro) que l'humiliation des "plus bronzés" est un comportement de base de la police française. Choqué de ces dévoiements: la police est censée être au service et protéger la population, non la terroriser; la police est censée être soumise à la loi (émanation de la "volonté populaire") et non la violer en discriminant systématiquement certaines catégories de cette même population. Choqué de ce décalage entre ce qui n'est plus un service public et les citoyens ordinaires.

Ce n'est qu'une anecdote, anodine en ces jours où la suspicion est omniprésente (voir la médiatisation récente d'une tendance pas si nouvelle, l'obligation de prouver sa nationalité pour renouveler une pièce d'identité par exemple), où l'innommable (les expulsions vers l'Afghanistan...) est commis au nom du peuple français...

Et dire que la France prétend toujours avoir un discours universaliste sur la démocratie et les droits humains... J'ai honte.
Par davveld - Publié dans : Actualité
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