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Lundi 30 avril 2012 1 30 /04 /Avr /2012 23:57

9782253139225-T.jpg J'avais essayé de me concentrer sur les lectures "pour les cours", alors que la fin de l'année approche à grand'pas. Bien sûr, ça n'a pas complètement marché. Je viens donc de relire Les Thanatonautes.

 

Une bonne surprise, le nombre de fois où mes cours apparaissent: que ce soit celui du Proche-Orient Ancien (avec l'épopée de Gilgamesh), celui de Science des religions (thème ce semestre: les religions des ancêtres en Afrique; et l'un des mythes étudiés en cours est raconté dans le roman), voire un peu de Psychologie, et bien sûr tout ce qui a trait au biblique... Donc des résonances nouvelles...

 

Mais qui ne suffisent toujours pas à effacer les longueurs du récit, ses répétitions, ses ficelles trop grosses, bref près d'une moitié du texte est d'une lecture fastidieuse.Sur Wikipedia, on apprend que l'auteur a écrit certaines pages en "écriture automatique". Bof.

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Mardi 10 avril 2012 2 10 /04 /Avr /2012 08:23

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Stanford, sur les rives du Mississippi. Comme dans beaucoup de localités américaines, quand les enfants du pays sont mobilisés pour combattre l'ennemi communiste au Vietnam, tout semble s'arrêter. Quelle est cette planète mystérieuse, terrifiante, où les jeunes conscrits partent ? Quel enfer les attend, quels traumatismes vont-ils subir, qui les changeront à jamais ? Ce n'est pas tout à fait le propos du roman. Le récit est narré par le jeune Billy Brentwood. Il est témoin de ce qui arrive aux Lamar, dont le fils Jim est parti au Vietnam. Alors que la guerre est finie, que sa démobilisation est constatée... il ne rentre pas à Stanford. Sa famille s'inquiète, puis dépérit. Un peu marginaux, ils ne sont pas regrettés par la population de la bourgade, qui s'approprie peu à peu tous leurs biens. C'est quand il ne reste plus rien, treize ans après le départ des derniers soldats du Vietnam, que Jim refait apparition. On manque le lyncher... Billy est donc terrifié quand il se retrouve dans la maison de Jim après s'être blessé. Mais le dialogue s'instaure, et le rescapé et l'adolescent s'apprivoisent progressivement.

 

Roman initiatique avec une trame éprouvée, Le retour de Jim Lamar est impressionnant de simplicité d'une part, et de force d'autre part. Soudainement, une intensité dramatique, un souffle épique animent les pages du livre, qui se tournent rapidement. Par exemple quand l'oncle de Billy révèle sa vraie nature, violente, méchante, mais plus encore quand Jim évoque l'admiration qu'un de ses frères d'armes vouait à Martin Luther King.

 

Lionel Salaün, dont c'est le premier roman, est originaire de Chambéry. Je ne sais pas s'il connaît bien la région dans laquelle il plante son action, mais ça fonctionne à merveille, que ce soit dans les descriptions des terres qui environnent le grand fleuve américain, dans l'atmosphère et le concret des phénomènes météorologiques qu'il mobilise, dans les évocations d'un certain imaginaire américain (que ce soit le collège, la bourgade au milieu de nulle part, les médias...), dans la musique qui parsème le texte... Difficile de savoir dans quelle mesure l'auteur sait utiliser le "fond inconscient" que l'on peut avoir de ses contrées, et nous y conforte, ou au contraire s'il crée un univers avec tellement de talent qu'il nous est naturellement familier. Près de dix prix (peu connus, mais provenant de réseaux de lecteurs et de bibliothécaires plutôt que des "institutions", ce qui n'est pas plus mal) ont déjà été décernés au Retour de Jim Lamar, qui les méritent amplement. Vous l'aurez compris, une lecture vivement recommandée ! Il est paru en poche en janvier.

 

"A cette époque, la musique se résumait pour moi aux quelques airs de country et de blue-grass que chantonnait mon père en rentrant les foins ou en ferrant ses chevaux sous prétexte que ça les apaisait, et aux gloussements que poussait avec un sourire béat Teddy Carter lorsqu'il interprétait, à l'occasion des foires du comté, les morceaux de Hillbilly Blues repris avec ferveur par un bon tiers de la population de Stanford.
Le Live in Europe '71 de Tony Joe White avait ouvert dans mon âme une brèche par laquelle allait s'engouffrer le meilleur de cette musique - et l'une des rares choses dont l'Amérique puisse légitimement s'enorgueillir.
Je n'énumérerai pas ici tout ce que j'ai écouté, depuis, jusqu'à l'overdose. Non, je ne pourrais pas tous les citer, ces dieux noirs du blues devant lesquels je me prosterne à présent tous les jours. Je ne pourrais pas tous les citer, et n'en nommer que quelques-uns au détriment des autres me causerait trop de tourments. Dieu reconnaîtra les siens et quelque chose me dit que ceux-là, Il les connaît bien !" (pages 65-66)

 

""C'est moche ce qu'il t'a raconté, ton père, pas vrai ? Affreux, bien dégueulasse, le genre de truc qui donne envie de hurler, hein, Billy ? C'est ça qu'il t'a raconté, ton père ?"
Au bout d'une minute longue comme trente, son regard de néant quitta mon visage pour dériver quelque part sur ma gauche, vers la porte large ouvret et sans doute bien au-delà.
"Ouais, ce que des gars ont fait là-bas, reprit-il tout bas, de belles saloperies, Billy, des putains de saloperies, bien pire que ce que ton père a pu te raconter ! Mais y a autre chose, aussi, qu'il t'a pas raconté, parce que ça, pour le savoir il faut l'avoir vécu, jour et nuit et des mois durant, l'avoir charrié partout sans jamais parvenir à s'en débarrasser. Une chose qui, une fois qu'elle t'a mordu, ne te lâche plus, reste ancrée dans ta chair jusqu'à ton dernier souffle, une maladie que tous ceux qui sont allés là-bas ont chopée et contre laquelle il n'existe ni traitement, ni vaccin et qui, sans rien excuser, explique tout !
- Qu'est-ce que c'est ?" précipitai-je tandis qu'il marquait un long silence, comme si le truc était si terrifiant qu'il hésitait même à en prononcer le nom.
Je me souviens avoir compris de quoi il retournait à l'instant même où ses yeux revinrent sur moi tant ils en étaient chargés." (pages 95-96 - et délibérement je ne vous ai pas mis la ligne suivante !)

 

"Des quatre chats de la maison, Sleepy était le plus doux et le plus gros, le plus indolent. S'il lui prenait l'envie de squatter vos genoux, vous pouviez prévoir une bonne demi-heure de ronronnement ininterrompu et de regards langoureux, le temps d'épuiser votre stock de caresses et de vous retrouver avec les jambes ankylosées par l'immobilité prolongée et les huit kilos de poils, de tendresse et de graisse du matou. C'est alors que vous le déposiez sur le canapé où, sans demander son reste, il s'installait aussitôt pour entreprendre sa énième sieste du jour. (...)
Oui, Sleepy, de tous les chats, nombreux, auxquels j'ai offert l'asile depuis, était le plus casanier.
Or, alors que la canicule étouffait la région depuis plus d'une semaine, l'inconcevable se produisit: Sleepy disparut.
Ma mère, qui faisait preuve à l'égard des bêtes qu'elle abritait sous son toit d'une bienveillance dont ses propres enfants ne bénéficiaient que chichement, s'en trouva si profondément affectée que bientôt toute la maison fut en émoi. Dans l'heure, chaque recoin de chaque pièce, chaque placard, chaque tiroir, du rez-de-chaussée au grenier, sans oublier le tambour de la machine à laver et même le réfrigérateur, fut passé au peigne fin. En vain. Sleepy s'était tout bonnement évaporé." (pages 149-150)

 

 


 

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Lundi 9 avril 2012 1 09 /04 /Avr /2012 17:31

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Je ne recense pas sur ce blog toutes les bandes dessinées que je lis, mais ces Chroniques de Jérusalem sont, de par leur ampleur (plus de 300 pages) et leur sujet, un peu différentes des autres BD que je peux lire pour me détendre. On est un peu dans la même situation que pour Le photographe, autour d'une mission de Médecins sans frontières (MSF), avec un personnage/narrateur au statut d'observateur.

 

Il ne s'agit pas ici de l'Afghanistan de la fin du vingtième siècle, mais du Proche-Orient du début du vingt-et-unième siècle. Pas grand'chose de comparable entre une situation de guérilla dans les déserts des montagnes afghanes et les alternances entre détente et épisodes violents de conflits éclairs et assez disproportionnés en zone densément peuplée...D'ailleurs on ne se focalise pas beaucoup sur la mission de l'ONG médicale dans les Chroniques de Jérusalem. Le "héros" est dessinateur, originaire du Canada (oui, c'est autobiographique). Il s'installe avec sa femme (qui, elle, travaille pour MSF) et ses enfants à proximité de Jérusalem. Après avoir "couvert" la Birmanie et la Corée du Nord, notre dessinateur découvre d'autres modalités de l'absurde. Il est fasciné par le mur érigé autour des enclaves qu'Israël laisse aux Palestiniens. Il raconte sa vie "d'homme au foyer", d'expatrié, et son travail de dessinateur, à la fois artiste, intervenant dans des établissements d'enseignement, observateur parfois touriste et parfois journaliste...

 

Il ne s'agit pas de prendre parti, mais il y a bien une "loi du plus fort" qui est à l'oeuvre, et les espoirs de résolution des conflits ainsi que d'une coexistence pacifique entre les différents peuples et religions ne sont pas vraiment confortés par les comportements des extrémistes des deux bords. Les Chroniques de Jérusalem témoignent de façon dépassionnée, ce qui est méritoire, de la vie quotidienne dans un tel contexte. Souvent avec humour, parce que l'absurde, omniprésent, peut prêter à sourire quand des vies ne sont pas en jeu. Toujours avec respect. On en ressort perplexe, en se demandant comment garder (quand on vient d'ailleurs) la tête sur les épaules, et retrouver (quand on est acteur) un peu de raison avec un objectif de "vivre ensemble"... 

 

Le livre a reçu le Prix du meilleur album du dernier festival d'Angoulême.

 


 

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Dimanche 8 avril 2012 7 08 /04 /Avr /2012 15:08

Le programme est attractif: Bach-Mozart, Beethoven, Brahms, pour des "figures de style" de la musique de chambre.

Les interprètes ? Des professeurs confirmés ou débutants du Conservatoire d'Evry, et deux de leurs élèves les plus brillants. Pour les nommer: Ariane Granjon et Clément Buvat au violon, Maxime Perreau à l'alto, Josquin Buvat au violoncelle, et Jean-Claude Henriot au piano.

Le lieu ? La Scots Kirk, implantation de l'Eglise réformée d'Ecosse dans le 8ème arrondissement (voir le pasteur en kilt sur leur site !), une salle qui a été réaménagée récemment et qui sera pleine à craquer pour le concert (arrivé peu en avance, je prends place derrière la table-autel, donc un premier rang bis, alors que d'autres s'asseyent même dans la chaire !).

 

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(source de l'image)

 

La première oeuvre est pour trio à cordes. Bach l'avait composé pour son fils à l'orgue, Mozart l'a retranscrit pour en faire la 5ème adagio et fugue en mi bémol majeur, pour violon, alto et violoncelle donc. On reconnaît bien le style de l'époque et de Bach avec les instruments qui dialoguent, l'un donnant un thème, le second lui répondant, etc. A trois instruments, c'est déjà du bon niveau, penser que c'était prévu pour une seule personne à l'orgue rend admiratif.

 

Les deux professeurs expérimentés, Ariane Granjon et Jean-Claude Henriot, proposent ensuite la 8ème sonate en sol majeur (opus 30) pour piano et violon, de Beethoven. Une oeuvre "des plus lumineuses" de ce qu'a composé Beethoven, nous dit-on. Oui, il y a de la joie, du lyrisme aussi. Un lyrisme comme avant-garde du romantisme du dix-neuvième siècle (la sonate a été écrite en 1802, et dédiée au tsar Alexandre 1er, que Beethoven admirait). C'est très beau et superbement interprété.

 

Enfin, avec le temps qui passe, on est en plein romantisme, avec le Quintette en fa mineur (opus 34) pour piano et cordes de Brahms, à partir d'un Quintette à deux violoncelles de Schubert. Brahms est alors à Vienne, proche de Clara Schumann (difficile de réunir plus de noms de compositeurs de la période romantique en si peu de mots !). Et le résultat est tourmenté ! Brahms explore avec les cordes des tensions vives, que les musiciens apprivoisent bien, et cela suppose une certaine virtuosité. Mais ça me plaît un peu moins que le Beethoven qui précèdait...

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Vendredi 6 avril 2012 5 06 /04 /Avr /2012 12:32

Je commençais à craindre de trop me "parisianiser" et d'être un peu blasé après les derniers concerts auxquels j'ai assisté, qui m'avaient inspiré des "bien mais sans plus". Ce n'est pas le cas, la preuve hier soir à l'Olympia.

 

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Une première partie qu'on juge trop courte, c'est qu'elle est réussie ! Toliver Marques est un artiste américain qui débarque avec son violon (oui...). Je pense un peu à Yoav, la première partie de Katie Melua, même si bien sûr il évoque moins le soleil sudafricain que les sonorités country. Je suis toujours épaté de ce que l'on peut faire avec ces petites machines (dont j'oublie régulièrement le nom) qui permettent d'enregistrer une séquence et de la rejouer juste après, transformant quelques instruments joués par une personne en "groupe"...

Son MySpace.

 

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Jeudi, c'était le premier Olympia d'Imany... mais aussi son anniversaire. La salle, bien informée, n'oubliera pas de chanter le titre de circonstance. Mais les cadeaux sont réciproques, puisque la superbe voix de la chanteuse bouleverse en quelques strophes, et l'Olympia est en feu dès la troisième chanson, le tube You will never know. Le set comprend les titres de son album, des reprises, et des inédits - un deuxième album, qui s'annonce bien. Les paroles sont souvent tristes, le timbre d'Imany les rend poignantes, mais la chanson est déjà un remède contre la déprime, et les plus de deux heures du show passent très vite. Pas moins de sept musiciens entourent Imany, et c'est un régal. Les arrangements sont très soignés, dignes de ce qu'on pourrait attendre d'un enregistrement studio. Un concert exceptionnel donc, de ceux qui restent dans les souvenirs.

 

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Pour en savoir plus sur Imany, c'est sur ce précédent billet.

 

 

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Lundi 2 avril 2012 1 02 /04 /Avr /2012 21:50

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Paru en janvier, ce roman s'ouvre sur une évocation qui ravit l'amateur d'histoire... et de théologie. Les premiers chapitres brossent un portrait précis (beaucoup de noms, de faits) mais concis de la France de 1926; et que ce soit en évoquant Jonas (un personnage biblique, si vous avez oublié, ça se relit ici) ou Bultmann (un des "très grands" théologiens protestants du vingtième siècle, si vous voulez en savoir plus, c'est là), l'auteur montre bien que la Première Guerre Mondiale a bouleversé la notion d'humanité, et qu'un tel traumatisme affecte durablement sociétés et individus.

 

Ici, nous suivons Théo. Russe, ancien soldat, il était dans le corps d'armée ayant réprimé en 1905 l'insurrection du cuirassé Potemkine, puis dans les tranchées du côté allié. Devenu photographe à Paris, il prospère en particulier grâce à ses clichés pornos. Quand le film d'Eisenstein sur les événements d'Odessa est projeté à Paris (en 1926 donc), Théo, pensant y trouver des images de sa terre natale, est sous le choc. Soudainement, il prend conscience de la cruauté de la répression de l'insurrection. Il se voit comme un monstre, se dénonce à la police... qui l'envoie quelques jours dans un hôpital psychiatrique. Mais l'image d'un autre meurtre surgit, dont il doit discuter avec l'un de ses amis vétérans. Les rencontres se multiplient, sans que la conscience du héros ne soit apaisée. Sortir d'un cycle de violence est-il possible ?

 

C'est un monde cru, tourmenté, au bord de la folie que le court texte de Iouri Bouïda met en scène, une série de variations autour du thème de la fuite, et plus indirectement de la rédemption. La traduction est faite dans une langue fluide, qui adoucit les passages les plus durs. Un bon roman, prenant, qui aide à rendre présent l'état d'esprit d'une période difficile à appréhender aujourd'hui.

 

"On venait d'inaugurer à Paris la Grande Mosquée, bâtie en plein centre de la ville, dans le Vème arrondissement, sur l'initiative de l'Etat français et avec ses deniers - un geste de gratitue de la France envers les soldats musulmans qui avaient donné leur vie pour elle durant la Première Guerre Mondiale. Mais les tenants radicaux de l'islam voyaient plutôt dans cette mosquée un acte de dérision: la plupart des musulmans de Paris n'avaient pas de tenue convenable pour se montrer en ville parmi les riches bourgeois." (pages 15-16, et ça rappelle évidemment ceci).

 

"Telle était l'année 1926. Elle ne fut pas marquée par des événements grandioses, et pourtant, Rudolf Bultmann, professeur de théologie à l'université de Marburg, en se promenant sur les berges de la Lahn avec son ami le professeur Martin Heidegger, a qualifié cette époque de 'prénatale' et d' 'intermédiaire', die qualvolle Pause zwischen der Kreuzigung und der Auferstehung - une halte douloureuse entre la Crucifixion et la Résurrection." (page 16)

 

"Il eut un hoquet. 'Mon père disait toujours q'il n'y a pas de mauvaises gens, qu'il n'y a que des mauvaises actions. C'est pour ça que les hommes savent ce qu'est d'avoir honte, mais c'est que la honte, ça, même Spinoza n'en sait rien... Et si personne ne sait ce qu'est la honte, alors d'où peut bien venir le bonheur ? Car le bonheur, ça n'a honte de rien... Vous êtes heureux, mon ami ? Vous ne cherchez pas le bonheur ? Le vrai bonheur ?

- Non, monsieur.' Jacques-Christian avala son Pernod d'un trait. 'Je suis au régime.' " (page 36)

 

 


 

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Samedi 31 mars 2012 6 31 /03 /Mars /2012 12:07

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La laïcité, jusqu'à il y a quelques années, cela correspondait à une notion assez consensuelle, dans la catégorie des "acquis du vivre ensemble en France" (même si nous n'avons aucun monopole sur le sujet, ni même de rôle de précurseurs). Mais depuis peu, parce qu'il se retrouve de plus en plus dans la bouche des idéologues d'une droite populiste et intolérante et d'une extrême droite toute aussi haineuse, le mot peut susciter un malaise. C'est sur ce constat, que des observateurs comme vous et moi pouvons faire, que Jean Baubérot consacre cet ouvrage.

 

L'auteur a été le premier titulaire de la chaire "Histoire et sociologie de la laïcité" dans le monde universitaire français. Scientifique donc, c'est avec un objectif citoyen, militant même, qu'il (re-)prend la parole. Avec les outils de l'histoire et de la sociologie, il étudie ce qui est à l'oeuvre dans ce glissement du concept de laïcité dans le débat public.

 

Laïcité/séparation des Eglises et de l'Etat, liberté de conscience, liberté d'exercice du culte, sécularisation... Il est déjà difficile de ne pas prendre une de ses notions pour une autre. Du coup, quand on est prêt à manipuler (que ce soit pour inclure ou exclure), on peut proposer de beaux raccourcis comme: un certain islam (bien sûr, c'est lui qui est visé) prône le port du voile, c'est une atteinte au droit des femmes, donc aux droits de l'Homme. Au nom des acquis de la République, certaines expressions religieuses deviennent moins laïques-compatibles que d'autres.

 

C'est du moins ce postulat que nous cherchons à analyser, avec quelques camarades de l'Institut protestant de théologie, dans le cadre d'un séminaire bidisciplinaire Ancien Testament et Ethique (séminaire ayant pour titre "Eloge des colonies"). Nous allons décliner différentes facettes de l'articulation entre différence(s) religieuse(s) et pacte social ou "vivre ensemble".

 

L'ouvrage de Baubérot entre pleinement dans la réflexion. Dans sa dernière partie, il esquisse des propositions pour redonner à la laïcité son sens premier... Je ne suis personnellement pas très optimiste sur le sujet, tant le glissement vers une laïcité prétexte d'exclusion est facile, alors que le mouvement inverse va à l'encontre des logiques politiques, médiatiques (notamment), sociales... A suivre.

 


 

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Dimanche 25 mars 2012 7 25 /03 /Mars /2012 22:13

Feist ? Pour celles et ceux qui ne connaissent pas ou auraient un trou de mémoire:

 

 

 

 

Il y a quelques mois, son nouvel album Metals bénéficie de critiques élogieuses, et méritées. Je n'en surprendrais pas beaucoup en disant que j'apprécie bien le style folk indé anglophone. Le timbre de voix un peu cassé de Feist et la fraîcheur qu'insuffle ses chansons ne sont pas non plus pour me déplaire. Du coup, autant profiter de son passage à Paris pour l'écouter en live !

 

C'est chose faite mercredi 21, au Zénith, qui avait programmé le concert à 19h30 (pourquoi pas 15h, tant qu'à faire ?) ! Le temps de venir du bureau, je manque la première partie, M Ward, que j'avais entendu de toute façon en première partie (déjà) de la sublime Norah Jones il y a quelques années. Le Zénith ce soir n'est pas plein à craquer, une salle un peu moins grande aurait peut-être été plus adaptée et aurait probablement permis à l'ambiance de décoller un peu plus vite.

 

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Sur scène, Feist aux guitares, entourée d'une belle équipe de poly-instrumentistes et de trois choristes. Le set est efficace, alterne les registres (plus ou moins rocks) avec bonheur. Comme je l'évoquais, le public accroche mais ne témoigne pas d'une très grande exubérance. Les rappels obtenus ont été bien gérés pour qu'il y ait la "quantité" ! Je ne suis pas un fan inconditionnel, et il manque un petit quelque chose pour transformer le côté agréable de la soirée en temps fort et mémorable. Ce n'est pas grave, tous les concerts ne peuvent être des événements inoubliables !

 

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Mardi 13 mars 2012 2 13 /03 /Mars /2012 23:26

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Vikram Seth est l'auteur d' Un garçon convenable, grande fresque qui nous plongeait dans l'exotisme de l'Inde. C'est donc avec un peu de surprise - une légère appréhension peut-être - que l'on aborde ce roman dans l'univers de la musique classique européenne, entre Londres, Vienne et Venise. Le style rassure vite, ça se lit comme Ian McEwan par exemple: pas d'effets alambiqués, mais une intrigue qui progresse méthodiquement, avec efficacité. Les chapitres sont courts, ce qui donne une certaine dynamique à la lecture.

 

Michael est violoniste dans le Quatuor Maggiore, basé à Londres. Un jour, dans le bus qui croise le sien, il aperçoit Julia, la "femme de sa vie", perdue de vue depuis dix ans et leur séjour commun - autour de la musique - à Vienne. S'ensuit évidemment une volonté de retrouvailles. Condamnée à l'échec ? Parallèlement à cette quête, le quatuor vit - et le texte de Vikram Seth nous fait découvrir, ou au moins approcher, ce que cela signifie dans une formation musicale. Concerts, propositions de tournées, d'enregistrements, recherches de partitions, d'instruments... Un univers particulier, où l'humain, artiste, se met en danger dans une fascination pour le sublime.

 

La relation entre Michael et Julia, et celle que chacun d'eux entretient avec la musique, constituent donc le noeud du roman. Il m'a beaucoup ému, et me démontre que Vikram Seth a plusieurs cordes à son violon.

 


 

 

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Samedi 25 février 2012 6 25 /02 /Fév /2012 14:32

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Ni vraiment pour les cours, ni vraiment sans lien avec eux... Moi, Paul ! est écrit par François Vouga, professeur de Nouveau Testament en Allemagne, qui a animé le 23 novembre dernier une journée d'études à l'Institut protestant de théologie de Paris, journée très intéressante sur le thème de "Parler de la Croix aujourd'hui". L'apôtre Paul est une figure incontournable du Nouveau Testament (plus de la moitié du Testament lui est attribuée); sa vie constituerait un beau scénario de série télé alors que sa réflexion théologique, radicale à l'image de l'Evangile, est pointue, à travers des argumentations complexes. Un personnage passionné, une pensée exigeante...

 

François Vouga s'est mis dans la peau de Paul. Il a écrit ce qui pourrait être ses confessions, en tous cas un retour sur sa vie, ses choix, etc, au moment où l'apôtre s'apprête à entamer son voyage pour l'Espagne via Rome, voyage pendant lequel l'histoire (version "discipline scientifique") perd sa trace. L'auteur s'appuie et cite les textes d'historiens et les écrits pauliniens (on reconnaît des morceaux d'épîtres qu'on a étudié), ce qui donne un style un peu hybride, à la fois familier et surprenant.

 

Cette "mise en roman" qui "vulgarise" l'état de la recherche historique et exégétique sur Paul m'a paru nettement plus réussie que la même initiative de Gerd Theissen concernant Jésus (L'ombre du Galiléen lue l'an dernier). C'est sûrement du en grande partie à un style littéraire et à un contexte idéologique plus proches du lecteur contemporain, car le livre de François Vouga date de 2005, et non des années post-68. Bien entendu quelques anachronismes sont disséminés (Paul, parlant de sa conversion, imagine que des peintres pourraient donner un côté très spectaculaire à l'événement...; le mot "psychologie" apparaît alors qu'il est assez probable que la notion n'apparaisse que quelques quinze siècles plus tard). Il faut aussi entrer dans le raisonnement en "spirale", avec de très nombreuses répétitions qui donnent l'impression de ne pas progresser; le texte se construit par touches successives. Il gagnerait sûrement à être entendu plutôt que lu... ce qui est d'ailleurs important: la Bonne Nouvelle est une parole vivante, pas un enchaînement figé de lettres écrites...

 

Moi, Paul ! propose un nouvel accès à un monument de la foi chrétienne, mettant en exergue quelques options ancrées dans le débat d'aujourd'hui. Notamment le refus d'assimiler le christianisme à une religion (avec le système qui va derrière), ou encore des précisions d'intention quant au discours de la soumission aux autorités, mais aussi le fait de nuancer l'image d'un apôtre souvent perçu comme difficile à supporter: s'il suscite des résistances, s'il est provocant, c'est malgré lui. Pour Vouga, l'authenticité de l'engagement de Paul le pousse à sacrifier le compromis ou la diplomatie. On s'interroge alors; la radicalité de la foi chrétienne est-elle assumable aujourd'hui (ne risque-t-on pas de l'édulcorer, ou de chercher à excuser une façon d'être qui détonne) ? Paul n'a rien perdu de son actualité...

 


 

Pour en savoir plus:

  • L'auteur n'a pas de notice Wikipedia, ni en français, ni en anglais, ni en allemand... :(
  • Site éditeur
Par davveld - Publié dans : Livres
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Samedi 18 février 2012 6 18 /02 /Fév /2012 20:32

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Parlant de ma lecture de Three men in a boat, j'avais eu l'occasion d'apprendre qu'une suite existait. Où nos trois héros, Georges, Harris et J., ne partent pas en barque sur la Tamise, mais à vélo à travers la Forêt Noire.

 

L'humour anglais et l'oeil ironique de Jerome K. Jerome sur la société britannique de la fin du dix-neuvième siècle étaient engageants. Mais à la différence du premier, deux des trois "hommes" sont mariés, et les trois jugent une autre nation. L'humour n'est donc pas fondé uniquement sur l'auto-dérision, l'absurde, les "tartes à la crème"; il recourt à des ficelles pour lesquelles notre seuil de tolérance a changé: les différences hommes/femmes, et les clichés concernant une population étrangère. Du coup, même si on peut croire que l'auteur ne partage pas le point de vue de son narrateur et de ses héros, on ressent une légère gêne dans un certain nombre de passages.

 

Cela dit, Three men on the Bummel (le mot, introuvable dans mon dictionnaire, est défini en toute fin du livre) est très amusant. Le démarrage est un peu long; il faut attendre la deuxième moitié pour être en Forêt Noire (où je découvre que le trajet entre Londres et la Forêt Noire passe par Hambourg, Berlin et Dresde !). Des gags prévisibles sont bien présents (vous pensez, des vélos, des montagnes, c'est facile). On se moque aussi de ses compatriotes à l'étranger (ça n'a pas changé). Donc des pages qui font sourire... là où le premier faisait rire.

 

"For they have a way of teaching languages in Germany that is not our way, and the consequence is that when the German youth or maiden leaves the gymnasium or high school at fifteen, “it” (as in Germany one conveniently may say) can understand and speak the tongue it has been learning.  In England we have a method that for obtaining the least possible result at the greatest possible expenditure of time and money is perhaps unequalled.  An English boy who has been through a good middle-class school in England can talk to a Frenchman, slowly and with difficulty, about female gardeners and aunts; conversation which, to a man possessed perhaps of neither, is liable to pall.  Possibly, if he be a bright exception, he may be able to tell the time, or make a few guarded observations concerning the weather.  No doubt he could repeat a goodly number of irregular verbs by heart; only, as a matter of fact, few foreigners care to listen to their own irregular verbs, recited by young Englishmen.  Likewise he might be able to remember a choice selection of grotesquely involved French idioms, such as no modern Frenchman has ever heard or understands when he does hear." (Chapter VI)

 

"I have pondered much upon the apparition, and have come to a definite opinion.  A man I met later at Frankfort, and to whom I described the pair, said he had seen them himself in Paris, three weeks after the termination of the Fashoda incident; while a traveller for some English steel works whom we met in Strassburg remembered having seen them in Berlin during the excitement caused by the Transvaal question.  My conclusion is that they were actors out of work, hired to do this thing in the interest of international peace.  The French Foreign Office, wishful to allay the anger of the Parisian mob clamouring for war with England, secured this admirable couple and sent them round the town.  You cannot be amused at a thing, and at the same time want to kill it.  The French nation saw the English citizen and citizeness—no caricature, but the living reality—and their indignation exploded in laughter.  The success of the stratagem prompted them later on to offer their services to the German Government, with the beneficial results that we all know.

Our own Government might learn the lesson.  It might be as well to keep near Downing Street a few small, fat Frenchmen, to be sent round the country when occasion called for it, shrugging their shoulders and eating frog sandwiches; or a file of untidy, lank-haired Germans might be retained, to walk about, smoking long pipes, saying “So.”  The public would laugh and exclaim, “War with such?  It would be too absurd.”  Failing the Government, I recommend the scheme to the Peace Society." (Chapter VIII)

 

"A thing that vexes much the high-class Anglo-Saxon soul is the earthly instinct prompting the German to fix a restaurant at the goal of every excursion.  On mountain summit, in fairy glen, on lonely pass, by waterfall or winding stream, stands ever the busy Wirtschaft.  How can one rhapsodise over a view when surrounded by beer-stained tables?  How lose one’s self in historical reverie amid the odour of roast veal and spinach?

One day, on elevating thoughts intent, we climbed through tangled woods.

“And at the top,” said Harris, bitterly, as we paused to breathe a space and pull our belts a hole tighter, “there will be a gaudy restaurant, where people will be guzzling beefsteaks and plum tarts and drinking white wine.”

“Do you think so?” said George.

“Sure to be,” answered Harris; “you know their way.  Not one grove will they consent to dedicate to solitude and contemplation; not one height will they leave to the lover of nature unpolluted by the gross and the material.”

“I calculate,” I remarked, “that we shall be there a little before one o’clock, provided we don’t dawdle.”

“The ‘mittagstisch’ will be just ready,” groaned Harris, “with possibly some of those little blue trout they catch about here.  In Germany one never seems able to get away from food and drink.  It is maddening!”

We pushed on, and in the beauty of the walk forgot our indignation.  My estimate proved to be correct.

At a quarter to one, said Harris, who was leading:

“Here we are; I can see the summit.”

“Any sign of that restaurant?” said George.

“I don’t notice it,” replied Harris; “but it’s there, you may be sure; confound it!”

Five minutes later we stood upon the top.  We looked north, south, east and west; then we looked at one another.

“Grand view, isn’t it?” said Harris.

“Magnificent,” I agreed.

“Superb,” remarked George.

“They have had the good sense for once,” said Harris, “to put that restaurant out of sight.”

“They do seem to have hidden it,” said George.  “One doesn’t mind the thing so much when it is not forced under one’s nose,” said Harris.

“Of course, in its place,” I observed, “a restaurant is right enough.”

“I should like to know where they have put it,” said George.

“Suppose we look for it?” said Harris, with inspiration.

It seemed a good idea.  I felt curious myself.  We agreed to explore in different directions, returning to the summit to report progress.  In half an hour we stood together once again.  There was no need for words.  The face of one and all of us announced plainly that at last we had discovered a recess of German nature untarnished by the sordid suggestion of food or drink." (Chapter XII)

 


 

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Par davveld - Publié dans : Livres
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Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 23:55

Les concerts ne se ressemblent - heureusement - pas. Fin 2007, Keren Ann était au Café de la Danse, atmosphère intimiste, comme je l'écrivais alors. La première partie avait été une excellente découverte; je continue à beaucoup écouter Dayna Kurtz depuis ! En 2012, elle revient au Trianon (elle y avait joué, dit-elle, au tout début des années 2000), la salle est plus grande (sans perdre une certaine convivialité), avec un nouvel album, 101.

 

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Mais avant de parler de Keren Ann, deux mots sur la première partie. Elle est moins marquante que Dayna Kurtz. Un groupe français, lead vocal masculin, qui évoque un peu "Ours", avec un accompagnement guitare-basse-percussions bien maîtrisé mais qui fait craindre le répétitif en moins d'une demi-heure (univers musical proche Mickey 3D). Malheureusement je n'ai pas saisi le nom du groupe, et le titre de l'album ou d'une ou deux chansons ne me suffit pas à le retrouver sur Internet... "Sympa", sans plus.

 

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Dans l'album 101, il y a un compte à rebours (à partir de 101, bien sûr). Le spectacle commence par ce décompte. Ensuite, plusieurs titres de ce nouvel opus se succèdent, aux tonalités âpres, parfois un peu new age. On nous propose un voyage, avec de l'amer, du sombre, de la frustration contenue, de la colère qui gronde dans les guitares et les basses sursaturées. Dans les titres d'apparence plus légers percent ironie et dérision ("c'est une farce"). Le monde de Keren Ann évoque moins la mélancolie, parfois un peu doucereuse, rarement mièvre, des albums précédents; non, le monde de Keren Ann version 2011-2012 est plus tourmenté, moins facile d'accès. La magie prend quand même, certes avec le renfort de quelques tubes des précédents albums (bien sûr, le sublime Lay your head down), mais suffisamment pour qu'on en redemande.

 

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